
12 bouteilles isothermes: isothermes… à très court terme
Bouteilles isothermes Peu de modèles sont à la hauteur de leur prétention. L’isolation n’est souvent pas suffisante, tout comme leur solidité. Une seule bouteille a quelque peu sorti son épingle du jeu.
Il suffit de jeter un coup d’œil au classement pour comprendre l’essentiel: les bouteilles isothermes ne tiennent pas franchement leurs promesses. Seule la Dowabo a décroché la mention «bon» de justesse. C’est la seule, avec l’Asobu Central Park, à conserver la température d’un liquide – chaud ou froid – pendant une longue période.
Du thé chaud au thé froid…
Pour se faire une idée du fossé qui sépare certaines concurrentes, prenons le test de l’eau bouillante (95° C). Une demi-journée après avoir été remplie, la Dowabo avait réussi à maintenir la température du liquide à près de 70° C. A titre de comparaison, l’eau de la Camelbak avait chuté à 40° C pendant le même laps de temps. Pour le maintien du froid, les écarts sont moins impressionnants, mais pas négligeables pour autant. En l’espace de vingt-quatre heures, l’eau versée à une température initiale de 6° C ne s’est réchauffée que de 5° C dans les deux meilleures gourdes. Avec d’autres, la hausse a atteint 9° C.
Des modèles moins bien classés peuvent néanmoins faire l’affaire pour conserver les boissons au chaud. La Mizu S6 Enduro le bottle, la Chilly’s Blue pastel edition ainsi que les bouteilles d’Ochsner Shoes et S’well font raisonnablement le job. Mais leur conception est telle qu’elles ne tiennent pas bien sur les surfaces parfaitement plates. Il suffit qu’elles soient peu remplies et placées sur un plan légèrement incliné pour qu’elles se renversent. Ce manque de stabilité leur a d’ailleurs valu une pénalité de 0.5 point, voire de 1 point pour la plus bancale vendue chez Ochsner Shoes.
Des chutes qui font très mal…
Leur construction en acier inoxydable pourrait faire croire qu’elles sont solides comme un roc. Erreur. Seules les S’well et Corkcicle ont passé le test des chutes avec la tête haute. D’autres concurrentes ont été sévèrement déformées après avoir été lâchées sur une plaque de bois dur depuis une hauteur de 80 centimètres. Les experts ont notamment relevé des dommages sur les bouchons, des éclats de peinture et même des pièces qui se sont détachées. Pire, un modèle sur deux n’était plus totalement fonctionnel après cette épreuve!
Dans la vie de tous les jours, l’utilisation de ces produits exige parfois de la patience et du doigté. Le laboratoire a constaté que leur ouverture et leur fermeture n’étaient pas toujours aisées. Certaines pèchent par un bouchon trop lisse qui n’offre pas une prise suffisante. D’autres, comme la Sigg et l’Hydro Flask, demandent beaucoup de force pour être ouvertes. Et, lorsqu’il s’agit de les remplir, le constat n’est guère meilleur avec neuf modèles pénalisés par un col trop étroit. Au final, la Chilly’s est celle qui se défend le mieux sur le critère «Utilisation».
On ne sait plus comment boire!
La vocation première de ces bouteilles est de pouvoir se désaltérer en toutes circonstances. Celles et ceux qui aiment boire au goulot ont intérêt à se détourner des Quokka, 24 Bottles et Corkcicle: sans avoir un tarin particulièrement protubérant, les experts ont regretté que leur nez touche l’ouverture. Pas franchement agréable…
Les utilisateurs qui préfèrent utiliser un gobelet ou une tasse n’auront évidemment pas ce problème. En revanche, ils risquent d’être contrariés avec les Sigg, Hydro Flask et Corkcicle qui éclaboussent dans toutes les directions lors du remplissage d’une tasse. Seules les Quokka, Chilly’s et Asobu ont passé cette épreuve avec brio.
Un peu d’eau métallique?
Côté altération du goût, les Quokka, Chilly’s et Camelbak ne sont pas destinées aux fins palais. L’eau a pris un goût légèrement métallique au bout d’une heure seulement. Même résultat après 24 heures pour l’Hydro Flask et la Corkcicle. Petite consolation: toutes les bouteilles, après avoir contenu du café fort pendant dix heures, ont retrouvé une odeur neutre après un bon nettoyage. L’autre bonne nouvelle, c’est que les gourdes se sont jouées avec panache du test de l’étanchéité, même lorsqu’elles avaient la tête à l’envers. Et cerise sur le gâteau, leur surface ne brûle pas les mains, même lorsqu’elles sont remplies d’eau bouillante.
Appelés à se prononcer sur nos résultats, les fabricants ont préféré relativiser les faiblesses de leurs produits. Quokka estime que les variations de température mesurées se situent dans une fourchette «normale». Camelbak a répondu que sa bouteille est principalement conçue pour garder les boissons fraîches longtemps, et pas forcément des boissons chaudes. Hydro Flask justifie la difficulté à ouvrir et à fermer sa gourde comme garantie d’une excellente étanchéité. Ochsner Shoes déclare que son produit a passé les tests de qualité requis, mais qu’une attention sera portée aux points soulevés lors de son renouvellement.
Sabine Rindlisbacher / chp
12 bouteilles isothermes
Modifier les critères du test















