
Protection à prix d’or
FRAIS COVID-19
«Mon salon de coiffure m’a facturé un forfait de 20 fr. pour tout le matériel de protection de ses collaborateurs, en plus du prix de la coupe. Est-ce légal?»
Dans l’absolu, rien n’interdit à un commerçant de répercuter sur sa clientèle certains frais d’exploitation. Il s’agit d’un choix purement commercial. Or, pour respecter les normes sanitaires imposées, les coiffeurs, les instituts, les dentistes et les autres prestataires de services ont dû investir dans du matériel de protection et de désinfection. Rien d’insolite, donc, à ce que des frais soient répercutés sur le client.
Demander une participation, oui, mais à certaines conditions. La majoration facturée au client doit tout d’abord correspondre aux frais effectifs du prestataire. Ainsi, un forfait de 20 fr. n’est juridiquement pas admissible, car dispoportionné. D’une part, le coiffeur a probablement bénéficié d’un prix de gros pour le matériel de protection de son personnel; le coût global devrait donc être dilué entre l’ensemble de la clientèle, mais pas facturé au prix coûtant. D’autre part, les gens doivent être avertis au préalable de cette majoration, par le biais d’une affichette à l’entrée du salon, par exemple.
Idem pour les masques vendus aux clients à la pièce: ils doivent être proposés d’emblée, avant la prestation et à un prix raisonnable. De plus, ils ne devraient pas être imposés aux personnes qui viennent avec leur propre protection.
Kim Vallon

