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Grand format, économie variable

SUPERMARCHÉS Fait-on vraiment de bonnes affaires en achetant des produits en version «grand format»? Bon à Savoir s’est rendu chez Coop et Migros pour le vérifier. Sur 50 produits, l’économie moyenne est de 17,2%, mais elle varie beaucoup d’une denrée à l’autre, et il y a des surprises.

L’organisation de consommateurs Foodwatch créait récemment la polémique chez nos voisins français en révélant que certains articles en conditionnement «maxi» ou «familial» coûtaient plus cher, au kilo, que le même produit en format classique. Dénonçant des «arnaques à l’étiquette», l’enquête affirmait que tous les distributeurs et tous les rayons sont concernés, même si la liste fournie se limitait à une dizaine d’exemples.

Bon à Savoir a voulu vérifier de quoi il en retournait dans notre pays. Les grands emballages sont-ils vraiment plus avantageux? Nous avons pris notre bâton de pèlerin et sondé les rayons des deux plus grands détaillants, Migros et Coop, en jetant aussi un œil aux plateformes en ligne LeShop et Coop@home. Notre pointage a porté sur cinquante produits, essentiellement alimentaires, proposés dans des formats différents. Nous avons exclu les actions.

Notre parcours a montré que les deux distributeurs proposent de nombreuses marchandises dans différents formats, mais les produits estampillés «familial», «maxi», ou «XL» sont moins nombreux qu’en France. Dans notre pays, les volumes supérieurs sont souvent vendus sous forme de multipacks, en action (lire encadré).

Economie très variable

Sur les cinquante articles, le choix d’un emballage de dimension supérieure génère une économie moyenne de 17,2%. Ce chiffre représente la différence de prix à quantité identique (celle du grand format). Mais attention, les réalités sont très diverses. Exemple: un consommateur qui achète un tube de 200 g de moutarde mi-forte Thomy chez Coop plutôt que deux tubes de 100 g, débourse 1.95 fr. au lieu de 3 fr. (2 x 1.50 fr.), et réalise une économie appréciable de 35%*.

Cet écart peut-être encore plus impressionnant, par exemple si l’on préfère, chez Migros, la boîte de 850 g de sauce de rôti liée Knorr (21.30 fr.) à l’achat successif de sachets de 36 g (1.95 fr.), qui reviendront, au final, à 46.05 fr. pour 850 g. L’économie atteint ici 53,75%. Ce n’est pas rien, mais la différence de quantité est, ici, extrême. Qui a vraiment besoin d’une boîte de 850 g de sauce de rôti liée chez lui?

Inconvénients des grands formats

Indéniablement, il faut posséder un vaste réfrigérateur et un bel espace de stockage lorsqu’on multiplie les achats de grands formats, ainsi qu’une voiture pour les transporter. Il faut aussi une famille pour les consommer, faute de quoi certaines denrées pourraient finir périmées!

De surcroît, s’il est parfois substantiel, le gain peut aussi s’avérer négligeable. Un paquet de 750 g de petits crackers Kambly Goldfish coûte 14.50 fr. sur LeShop. Or, l’emballage de 160 g est vendu 3.20 fr., soit 15 fr. les 750 g. Le conditionnement familial n’est donc avantageux ici que de 50 ct., soit 3,3%. Avec certaines marchandises, la différence est même nulle. C’est souvent le cas, entre autres, des packs de boissons qui, il est vrai, ne sont pas des grands formats à proprement parler, mais une vente groupée de plusieurs bouteilles.

Mauvaise surprise!

Même si cela peut être fastidieux, le consommateur a donc intérêt à comparer à chaque fois les prix des différents conditionnements. Ce d’autant plus qu’une mauvaise surprise ne peut, comme en France, être exclue. Nous avons en effet découvert, parmi nos cinquante relevés, deux denrées plus chères en grand format. Certes, l’écart est moindre pour le premier. Les bulles au lait malté Maltesers coûtent ainsi 5.95 fr, en «maxipack» de 300 g et 5.90 fr. si l’on choisit des sachets plus petits. Il est bien plus marqué pour les chocolats Finest Selection de Storck vus chez Migros. Le prix des boîtes de 400 g est de 8.70 fr. contre 3.95 fr. pour celles de 250 g. Ces dernières reviennent donc à 6.32 fr. pour 400 g, soit 37,7% de moins. «Avec nos propres produits, le prix est généralement dégressif en fonction de la quantité, explique Tristan Cerf, porte-parole du géant orange. En revanche, nous sommes tributaires des négociations avec nos fournisseurs pour les marques, et cela peut aboutir à cette situation relativement exceptionnelle.»

Sébastien Sautebin

Bonus web: *Extrait de 30 produits de notre comparatif