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L’épidémie nommée surpoids

Diététique Le surpoids et l’obésité provoquent annuellement la mort de 2,8 millions de personnes dans le monde. Parallèlement au manque d’activités physiques, l’excès de nourriture est un facteur déterminant. Zoom sur les mécanismes qui régulent la satiété.

On pourrait penser qu’il suffit d’avoir l’estomac bien rempli pour se sentir rassasié. Il est vrai que les premiers signes de satiété sont émis lorsque les aliments arrivent dans l’estomac et commencent à dilater ses parois. Cela provoque l’envoi de messages qui empruntent la voie nerveuse pour parvenir au cerveau. Mais cette stimulation «mécanique» n’explique pas tout: quand on boit une grande quantité d’eau, l’estomac se dilate également, mais sans susciter une sensation de rassasiement durable.

C’est la libération progressive d’hormones spécifiques, au niveau de l’intestin grêle, qui induit une véritable satiété. Celles-ci parviennent à des neurones du cerveau situés dans l’hypothalamus. Ce petit organe de la taille d’une amande reçoit des signaux non seulement de tout l’appareil digestif, mais aussi du pancréas et des tissus adipeux. La leptine, par exemple, une des hormones sécrétées par la graisse, va informer l’hypothalamus que les réserves de lipides sont suffisantes. C’est donc une véritable avalanche d’informations que l’hypothalamus traite rapidement pour libérer, le moment venu, des substances neurochimiques qui vont entraîner un sentiment de satiété.

Trop forte envie de manger

Si nos ancêtres préhistoriques stockaient le moindre surplus en prévision des périodes de disette, ils n’étaient pas confrontés à la même abondance alimentaire. Aujourd’hui, toutes sortes de tentations favorisent la surconsommation. En première ligne, des produits industriels dont le sucre court-circuite les mécanismes de satiété. On ne consomme alors plus pour calmer sa faim, mais souvent pour répondre à l’envie de manger un aliment qui nous tente. Or, les signaux de rassasiement ne peuvent rien contre la faim «psychologique», cette envie de manger par pur plaisir ou par besoin de réconfort.

La vie contemporaine est aussi synonyme de stress et de manque de sommeil qui sont d’autres sources de troubles alimentaires. A terme, tous ces facteurs contribuent à dérégler le fonctionnement de notre métabolisme. Comme la satiété est une question extrêmement complexe, des grains de sable peuvent même se manifester sur le plan physiologique. Ainsi, pour certaines personnes obèses, l’envie de manger est totalement irrépressible, car les cellules de leur hypothalamus sont résistantes à la leptine et ne perçoivent, alors, plus ses signaux.

Doris Favre, diététicienne diplômée