
12 glosses: pas brillants sur la longueur
Gloss La plupart des produits de notre sélection s’estompent trop vite. Ce qui ne les empêche pas de laisser des traces aussi indésirables que durables dans l’organisme.
Un seul passage devant le miroir ne suffira pas pour briller toute une soirée: l’effet de la plupart des gloss disparaît très vite. Et, comme ils finissent tôt ou tard dans l’estomac, mieux vaut savoir ce qu’ils contiennent! Deux laboratoires ont examiné une douzaine de produits. Le premier a évalué leurs propriétés cosmétiques, tandis que le second a traqué les substances indésirables (lire encadré).
Lauréat de notre test, le Grand Illusion Liquid Lipcolour de Mac se détache clairement du lot avec une note de 5.3: il fait figure d’exception en apportant couleur et éclat qui ont une bonne tenue sur la durée. A part le Fenty Beauty by Rihanna, les autres gloss ternissent dans les deux heures suivant l’application. Et, après quatre heures, l’effet devient quasiment invisible avec neuf des douze cosmétiques de notre sélection.
Les expertes ont trouvé certains produits «graisseux», «scintillants» et même «presque incolores». Impossible, par ailleurs, d’obtenir un effet homogène avec les flacons de Catrice, H&M ou Sephora. Ce dernier a même été jugé «affreux» par une testeuse.
Epais, liquide ou visqueux
Quant à la texture, jugée agréable avec certains flacons, elle a déplu avec les autres, qualifiés de «collants» et «lourds». Carton rouge à ce titre pour les Essence, H&M et Sephora, ce dernier formant même «des fils quand on ouvre la bouche». Et l’aspect humide, dans tout ça? C’est une apparence qui cache une autre réalité: ces cosmétiques ont plutôt tendance – le gloss d’Essence en particulier – à dessécher les lèvres. Le vainqueur, signé Mac, sort du lot grâce à son effet très hydratant et la sensation «fraîche et mentholée» qu’il diffuse.
La texture des formules n’est pas toujours idéale non plus. Trop liquides ou, au contraire, pâteux, voire visqueux, plusieurs brillants sont difficiles à utiliser. Et c’est parler sans des applicateurs, parfois trop grands pour doser la pâte correctement. Clarins, Sephora et H&M, qui arrivent en queue de peloton, sont les plus mal notés à cet égard.
Substances indésirables
Les résultats chimiques ne sont, eux aussi, guère rassurants, à l’exception de l’absence de colorants azoïques dans tous les échantillons. La moitié contiennent des hydrocarbures d’huiles minérales (MOSH et MOAH). C’est le cas du flacon de Nyx, une marque de L’Oréal, et des gloss de Clarins et de Sephora qui en contiennent beaucoup. Pas de trace de substances indésirables, en revanche, chez le fabricant naturel Lavera, dont le brillant est fabriqué avec de l’huile de ricin.
Entre les effluves de fraise, de cerise ou de caramel, les producteurs mettent le paquet pour varier les senteurs. Conséquence logique: les experts ont trouvé des concentrations élevées de parfums allergènes dans les flacons de Dior et de Manhattan. Quant au Fendy Beauty by Rihanna, il contient du benzoate de benzyle. Cet allergène susceptible de provoquer de l’eczéma doit figurer sur l’emballage à partir d’une concentration de 10 mg/kg. Or, le Gloss Bomb en contient 2650 mg/kg!
Les fabricants assurent respecter les normes légales, L’Oréal (pour Nyx) et Clarins n’utilisant que des «huiles minérales de qualité supérieure». Clarins se déclare par ailleurs «très surpris» par la quantité d’hydrocarbures décelés dans son brillant.
Cosnova, producteur de Essence et de Catrice, estime, de son côté, qu’un gloss s’applique différemment d’un rouge à lèvres traditionnel et tient moins longtemps. Quant à Lavera, il explique que son produit est fabriqué à base d’huiles bio et de composants colorés pour justifier son manque de brillance.
Sabine Rindlisbacher / chr
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