
Peu de parlementaires défend ent les consommateurs!
élections fédérales 2019 Lors de la législature écoulée, le Parlement fédéral s’est montré peu empathique à la cause des consommateurs. L’enjeu des élections fédérales du 20 octobre est donc de taille. Un classement de Bon à Savoir montre quels députés sont les bons et les mauvais élèves en la matière.
Les consommateurs et les consommatrices ont plus de pouvoir qu’on ne le pense. En faisant des choix judicieux dans les rayons, ils contraignent les distributeurs à améliorer la qualité des produits. Ils peuvent aussi exercer leur pouvoir dans les urnes, en tant qu’électeurs et électrices. Et le Parlement fédéral, qui sera renouvelé le 20 octobre, peut incontestablement mieux faire pour défendre les intérêts des consommateurs.
Bon à Savoir a analysé 50 scrutins qui ont eu lieu au Conseil national au cours des quatre dernières années (lire encadré). Pour la première fois, nous nous sommes aussi penchés sur 15 décisions du Conseil des Etats. Cela a été possible grâce à l’introduction du vote électronique à la Chambre des cantons, en 2014.
De rares victoires pour la conso
Afin de dresser la liste des objets de notre analyse, nous avons passé au crible les votes parlementaires liés à la consommation durant la dernière législature. Nous avons aussi demandé aux différents partis et organisations de défense des consommateurs lesquels étaient, à leurs yeux, les plus importants. Nous avons choisi ceux qui touchent le plus directement les consommateurs en veillant à ce que chaque domaine soit représenté: la santé, les assurances, le logement, l’îlot de cherté, les services publics, la prévoyance ou encore la téléphonie.
Le constat est sans appel. Sur les 50 scrutins examinés au Conseil national, les élus n’ont tranché qu’à treize reprises en faveur des consommateurs, par exemple en refusant l’augmentation de la franchise de base de 300 fr. à 500 fr. ou en garantissant une meilleure accessibilité des filiales de La Poste. Le Conseil des Etats ne s’est prononcé que trois fois sur 15 dans le sens des consommateurs, dont le refus d’augmenter les valeurs limites de protection contre le rayonnement non ionisant, afin d’accélérer le déploiement du réseau 5G.
La gauche en tête
Et, au niveau individuel, quels élus ont été les champions des enjeux conso et lesquels leurs plus coriaces adversaires? Pour le savoir, nous avons analysé les 50 votes des 146 conseillers nationaux qui ont siégé pendant toute la législature et qui briguent un nouveau mandat. Du côté des Etats, ils sont 25 en course pour défendre leur fauteuil. Plus ces députés affichent de votes en faveur des consommateurs, mieux ils se placent dans le tableau.
Conclusion: le PS a une fois de plus montré son engagement en faveur des consommateurs. Au Conseil national, sept de ses membres figurent dans le top 10. Réjouit par ce résultat, son président Christian Levrat n’en est pas pour autant surpris: «La défense des conditions de vie du plus grand nombre – et donc également du pouvoir d’achat – constitue le pilier de base de notre action politique. S’y sont ajoutées depuis les années 70 des considérations environnementales et qualitatives», explique-t-il.
Le premier Romand pointe à la troisième place: il s’agit du Neuchâtelois Denis de la Reussille (POP), avec 47 votes consophiles. Il fait partie du groupe parlementaire des Verts, qui affiche la meilleure moyenne quant au nombre de votes proconso au National. «Notre société de consommation, de sur-abondance pour certains, doit être changée», écrit Denis de la Reussille. Qui estime que cela doit passer, entre autres, par des conditions pour garantir les loyers modérés, la lutte contre l’augmentation des primes des caisses maladie ou encore contre l’obsolescence programmée.
Le PLR cancre de la conso
Au milieu du classement, on trouve le PDC, les Vert’libéraux et le PBD qui ont voté dans un peu plus de 35% des cas dans le sens des consommateurs. L’UDC fait mieux que dans notre classement de 2015, où elle occupait le dernier rang. Ses députés ont voté, en moyenne, une fois sur cinq en faveur des consommateurs.
Au cours de la dernière législature, ce sont clairement les conseillers nationaux du PLR qui se sont montrés les plus anticonso. Deux Romands figurent parmi les dix lanternes rouges: le Genevois Christian Lüscher (5 votes consophiles) et le Neuchâtelois Philippe Bauer (4 votes consophiles). Ce dernier explique qu’il ne vote pas contre les consommateurs: «Je privilégie toujours la liberté individuelle et, par principe, je suis contre les nouvelles contraintes administratives et l’intervention de l’Etat dans la vie quotidienne de mes compatriotes», se justifie-t-il.
Le PLR, par la voix de son Service de presse, se défend aussi: «De nombreuses interventions libérales ne sont pas prises en compte dans les objets retenus, comme les allègements fiscaux ou le libre échange conduisant à des prix plus bas. Au lieu de cela, l’évaluation considère davantage d’interventions étatiques comme la panacée. Nous ne voulons pas encore plus de régulations et de tutelle.»
Deux Fribourgeois aux antipodes
Au Conseil des Etats, le PDC fait moins bien. Il occupe les trois dernières places du classement, notamment avec le Fribourgeois Beat Vonlanthen. Son coéquipier cantonal, Christian Levrat (PS) est, lui, le meilleur romand de la Chambre des cantons. Le PLR est quant à lui dispersé entre les UDC et les PDC.
Beat Vonlanthen souligne que les intérêts des consommateurs ne peuvent pas être considérés de manière isolée des autres domaines politiques. Par exemple, la réduction de la part exempte de TVA de marchandises achetées à l’étranger de 300 fr. à 50 fr. aurait permis de réduire un tourisme d’achat «antiécologique et dommageable pour l’économie». Les recettes fiscales supplémentaires auraient servi au financement de l’AVS, ce qui aurait, au final, profité aux consommateurs, selon lui.
Sandra Porchet
⇨ Le Top Ten des conseillers nationaux les plus et les moins consophiles sur bonasavoir.ch


