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11 vins rouges du Douro: Les beaux reflets du Douro

Dégustation Très discrets sur le marché, les vins portugais sont souvent méconnus par les consommateurs suisses. Les rouges du Douro que nous avons dégustés montrent pourtant que la qualité est au rendez-vous.

Le Douro n’est pas un fleuve bordé de vignes réservées à l’élaboration du seul porto. On l’oublie parfois, le célèbre vin muté ne représente que la moitié de la production de la plus grande région viticole du Portugal. L’autre moitié est constituée de crus secs – blancs et rouges – qui expriment la très grande diversité des cépages autochtones (lire encadré).

Discrétion dans les rayons

Avec une production de 6 millions d’hectolitres en 2016, le Portugal est un poids plume face aux mastodontes que sont l’Italie (50,9), la France (43,5) et l’Espagne (39,3). Mais son volume est, malgré tout, six fois supérieur à celui de la Suisse! On peut donc s’étonner que les vins lusitaniens soient aussi discrets dans les rayons de nos grandes surfaces. D’autant que la communauté portugaise occupe une place importante dans notre pays.

Deux distributeurs l’ont mieux compris que les autres: Coop et Aligro. Chez l’un comme chez l’autre, les crus du Portugal – les rouges principalement – sont bien représentés. C’est tout l’opposé de Denner qui a un choix curieusement restreint: aucun Douro DOC ne figurait dans son vaste assortiment au moment de nos achats! Au final, nous avons retenu onze bouteilles des millésimes 2014 et 2015 qui ont en commun leur appellation d’origine contrôlée (DOC).

Pas de mauvaises surprises

Le grand gagnant de cette dégustation à l’aveugle? Le vin le moins cher de notre panel, vendu seulement 4.99 fr. chez Lidl! «Le nez est très fin, la bouche est à la fois ferme et généreuse. C’est un ensemble très bien fait avec des tanins élégants», commente René Roger. Un équilibre qui laisse penser que l’Azinhaga de Ouro a le potentiel pour tenir sans broncher trois ou quatre ans en cave.

Dans la même veine, le Quinta Nova compte, lui aussi, le fameux touriga nacional comme cépage majoritaire dans son assemblage. Et cela se voit et se ressent dans la puissance et la couleur sombre d’un jus qui est dominé par des arômes typiques de fruits noirs. «Le nez est très ouvert et flatteur. En bouche, on retrouve de l’intensité sans pour autant tomber dans la lourdeur. L’équilibre est très réussi», ajoute Claire Mallet.

Le podium est complété par le Callabriga du groupe Sogrape, poids lourd du marché viti-vinicole au Portugal. «C’est un vin qui a un bon potentiel. Le nez est très intense et la bouche est bien équilibrée avec des tanins fermes mais souples», glisse Richard Pfister. Attention toutefois à ne pas se fourvoyer dans les rayons de Coop qui propose un autre Callabriga porteur d’une étiquette semblable. Il s’agit d’un cousin – que nous n’avons pas dégusté – produit dans l’autre grande région viticole du Portugal, l’Alentejo.

Pas si fabuleux

Derrière le tiercé gagnant, les résultats sont globalement bons avec trois bouteilles seulement qui n’atteignent pas la note de 13. C’est la preuve que les producteurs du Douro ont su, au cours des dernières décennies, rehausser la qualité de leurs rouges après avoir longtemps réservé leur meilleur raisin à l’élaboration du porto.

La plus grande déception vient du Fabelhaft qui est sans doute le Douro le plus diffusé sur le marché suisse. Contrairement à ce que suggère son nom – «fabuleux» en allemand – et son prix plutôt élevé, le jury ne lui a définitivement rien trouvé d’exceptionnel. «L’ensemble manque de volume et l’acidité est très marquée. C’est dommage, car le nez est plutôt agréable», détaille
Thibaut Panas.

Yves-Noël Grin