
Uber, côté conducteur
Les clients d’Uber le savent bien: utiliser l’application pour commander un taxi permet, en moyenne, de diviser le coût de la course par deux par rapport au prix d’un taxi traditionnel. Mais qu’en est-il du côté du chauffeur? De tels tarifs lui permettent-il de s’en sortir? Pour le savoir, un journaliste indépendant s’est prêté au jeu pendant trois mois, le temps d’effectuer 512 trajets, pour un total de 368 heures au volant. Résultat des courses: un revenu de 6167 fr., qui correspond à un salaire de 16.75 fr. de l’heure. Maigre, d’autant plus qu’il faut déduire de ce montant les frais liés à l’utilisation de sa voiture, à commencer par l’essence. Il a, en outre, pu travailler pendant plus de 50 heures en une semaine sans recevoir d’alerte de la part d’Uber lui signalant qu’il enchaînait trop d’heures au volant.
Du dumping salarial volontaire, en quelque sorte, qui priverait les «vrais» taxis de leur clientèle? Pas forcément, car près de 80% des passagers transportés pendant la durée de l’enquête étaient des étudiants. Et la plupart ont déclaré au chauffeur improvisé qu’ils ne pourraient pas se permettre de prendre les taxis traditionnels, trop chers. vic
«Trois mois dans la peau d’un chauffeur Uber», L’Hebdo n° 36, p. 6-13.

