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Arnaque à la jeune fille au pair

escroquerie Une jeune fille espérait partir au pair dans une famille londonienne. Mais, comme tant d’autres, elle a été victime d’une tromperie sur le net.

Dénicher une famille d’accueil pour un séjour au pair n’est pas toujours évident. D’autant que les sites internet de mise en contact fourmillent d’escroqueries. Notre lectrice Brigitte et sa fille Maeva en ont fait l’amère expérience, en se faisant dérober plus de 1000 fr.

Pour partir en Angleterre, Maeva s’était inscrite sur le site newaupair.com, qui met gratuitement en contact des parents et des jeunes en quête d’un placement. Elle est contactée par Theresa Kimpathy, une Londonienne qui cherche quelqu’un pour s’occuper de sa fille Rose. S’ensuit un échange de courriels «chaleureux et bien écrits, qui ne laissent rien supposer d’anormal», précise Brigitte.

arnaque bien rodée

Maeva demande alors un contrat. Theresa l’oriente vers une avocate, qui travaille – selon ses dires – avec le Service de l’immigration. Maeva s’exécute et est contrainte de fournir des informations personnelles, de remplir des formulaires et de signer un contrat. Et, pour prouver son autonomie financière, elle est priée de verser 650 £ sur le service de transfert en ligne MoneyGram rapidement, sous peine d’annulation du dossier.

Brigitte fait alors le versement au nom de sa fille. Le lendemain, une nouvelle demande de paiement – sous couvert de l’augmentation du prix des visas – tombe. «La pression et les délais m’ont paru très étranges même si le prix des visas avait effectivement augmenté», explique-t-elle. Méfiance qui va se confirmer après quelques recherches: le premier acompte de 650 £ s’est définitivement envolé. Et la Londonienne ainsi que la prétendue avocate ont disparu de la circulation.

Internet et ses risques

A l’instar de Maeva, de nombreux jeunes préfèrent passer par des sites internet spécialisés — gratuits ou payants — plutôt que de mandater une agence de placement. Méthode qui a l’avantage d’être moins chère et de favoriser un contact immédiat entre les intéressés. Revers de la médaille, les arnaques ne sont pas rares, comme l’explique Heidi Koller, de l’agence privée de placement go2talk. Car, en l’absence d’intermédiaire, rien ne permet de garantir l’existence de la famille et les conditions d’accueil.

Dans ce domaine, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) rappelle que l’accord conclu entre les deux parties est une affaire privée. A défaut de contrat, Heidi Koller recommande d’ailleurs de ne pas partir sans invitation écrite qui précise le montant de l’argent de poche, l’organisation des cours de langue et les engagements pris par la famille d’accueil.

Attention aussi aux conditions légales d’admission, de séjour et de travail très variables d’un pays à l’autre. Tout comme les dispositions qui régissent les séjours au pair. Autant d’informations qu’il est primordial de collecter avant de s’engager (lire encadré).

Camille Degott