
Une eau de plus en plus transparente
La qualité des eaux de baignade s’est constamment améliorée ces 40 dernières années, se réjouissait récemment l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). A un point tel que 96% des 21 000 sites de baignade analysés l’an passé dans l’UE, en Suisse et en Albanie, satisfont aux exigences minimales de qualité des eaux. Bien mieux encore: 84% d'entre eux atteignent le niveau «excellent».
Le plus grand nombre d’endroits problématiques se trouvent en Italie (95), en France (95) et en Espagne (58). Mais ils ne représentent que 1,7%, 2,8% et 2,6% des analyses effectuées dans ces pays! Au total, seuls 385 sites sur 21 000 avaient une eau de qualité «insuffisante». Pour savoir si l’un d’eux correspond à votre destination de vacances, il suffit de zoomer sur la carte européenne*.
En Suisse, trois endroits seulement sont mal jugés: deux en Argovie (des cours d’eau) et un au bord du Léman, vers le très fréquenté parc Bourget, à Lausanne. Cela dit, la carte suisse souffre de nombreuses lacunes, notamment parce que certains relevés n’ont pas été pris en compte, la fréquence des analyses ne correspondant pas aux exigences européennes.
L’évaluation de l’UE porte uniquement sur deux bactéries fécales: les entérocoques intestinaux et les Escherichia coli. Selon Constant Brand, porte parole de l’AEE, «la contamination fécale par les égouts et les animaux constitue la principale préoccupation pour les baigneurs: nager dans des eaux contaminées peut provoquer des maladies. Les analyses sont un indicateur de risque d’une pollution par les égouts, mais elles renseignent aussi sur la qualité de l’eau.»
Un point de vue partagé par Eric Raetz, inspecteur cantonal vaudois des eaux, qui tempère: «Ce sont deux bons indicateurs, qui n’ont pas la prétention de débusquer toutes les maladies. On ne peut donc pas dire que les analyses excluent tout problème avec l’eau, mais elles pointent le doigt sur les endroits où la situation n’est pas bonne.»
Et les autres polluants? En vertu de directives européennes, les eaux seraient régulièrement inspectées sur divers éléments, comme la prolifération de cyanobactéries ou les produits chimiques. «Lorsqu’il y a une pollution présentant un danger pour la santé, l’information est diffusée au public localement mais n’est pas reportée à l’échelle de l'Europe», précise toutefois Constant Brand.
SEB
*eea.europa.eu/themes/water/interactive/bathing/state-of-bathing-waters


