
Pompe à chaleur et rénovation
La pompe à chaleur est une solution séduisante pour se chauffer. Mais, dans le cadre d’un projet de rénovation, ce n’est pas toujours la première mesure à prendre pour abaisser sa facture énergétique.
La pompe à chaleur (PAC) ne compte pas beaucoup de détracteurs. C’est un choix qui coule de source pour la majorité des projets de constructions neuves. Car, même si elle consomme de l’électricité, elle produit de la chaleur en puisant une grande partie de son énergie (environ 70%) dans l’air, dans le sol ou, plus rarement, dans l’eau. D’où un bilan écologique séduisant.
Ma chaudière a lâché!
Une PAC peut également s’inscrire dans un projet de rénovation. On pense à celles et à ceux qui vont être contraints par la loi – probablement d’ici dix à quinze ans – de démanteler leur chauffage électrique. Mais la réflexion peut également se poser lorsqu’une chaudière à mazout ou à gaz devient vieillissante. Faut-il changer totalement de système? L’investissement d’une pompe à chaleur est-il vraiment pertinent?
Pour répondre à ces questions, il faut d’abord savoir ce qu’on recherche. Si la démarche vise à rendre sa maison plus «verte», il est clair qu’une PAC est sensiblement plus efficiente qu’un chauffage électrique ou à mazout. Mais, dans une optique d’économie d’énergie globale, il y a d’autres mesures à prendre avant de s’attaquer à la production de chaleur.
Dans une maison ancienne, où les déperditions de chaleur sont importantes, l’isolation et les vitrages sont les premiers éléments à prendre en compte. Car chauffer pour des prunes, cela n’a pas de sens, quelle que soit l’énergie utilisée. Une pompe à chaleur n’a d’ailleurs pas d’intérêt pour une habitation mal isolée: comme elle devra être surdimensionnée, elle consommera plus d’électricité et sera plus chère à l’achat. Une solution intermédiaire consiste, le cas échéant, à l’installer comme relève de chaudière (lire encadré). Voire de la coupler avec du solaire, au risque de faire exploser le budget.
L’incontournable bilan
Avant toute chose, il est donc primordial de connaître l’efficacité énergétique d’un bâtiment. A ce titre, la thermographie, qui détecte les pertes calorifiques d’une construction à l’aide d’une caméra thermique, n’est pas la panacée (lire «Le choc des photos», TCF 2/2012). Mieux vaut s’offrir l’expertise d’un spécialiste pour un prix d’entrée d’environ 500 fr. Le site du Certificat énergétique cantonal des bâtiments – cecb.ch – dresse une liste d’experts certifiés dans ce domaine.
Cet état des lieux est non seulement judicieux pour prioriser les travaux à accomplir, il l’est aussi pour analyser les besoins en chauffage d’un logement. On pourra, ainsi, connaître le dimensionnement optimal d’une éventuelle pompe à chaleur et choisir son système: la PAC à basse température, destinée au chauffage au sol principalement, est plus efficiente et moins chère. Mais, d’ordinaire, les modèles à haute température conviennent mieux aux projets de substitution au mazout, puisqu’ils permettent de conserver les radiateurs traditionnels.
De l’air ou de la terre
Le dernier choix à faire, c’est celui de la technologie de la pompe. La première puise son énergie dans la terre (sol/eau), la deuxième dans l’air (air/eau) et la troisième, moins courante, dans une nappe d’eau souterraine (eau/eau). On écartera donc cette dernière de notre analyse pour ne comparer que les deux premières familles, sur le plan financier avant tout.
⇨ La PAC sol/eau (géothermie) est globalement plus efficiente qu’une air/eau. Mais, à moins d’opter pour une variante plus légère qui capte la chaleur en surface (corbeilles géothermiques ou capteurs horizontaux), cette approche implique un forage aussi profond que coûteux. Pour une maison individuelle, la facture sera donc lourde: 50000 fr. tout compris. Somme à laquelle il faut ajouter environ 20000 fr. si l’habitation n’a pas de distribution hydraulique et de radiateurs, ce qui est le cas lors du remplacement d’un chauffage électrique.
⇨ La PAC air/eau (aérothermie) consomme plus d’électricité (+20%) et l’unité extérieure, qui capte l’air ambiant, peut se montrer bruyante. Mais son montage est sensiblement plus avantageux que la sol/eau. Pour une villa, l’investissement total tourne autour de 35 000 fr. Mais, là aussi, il faut rallonger 20 000 fr. si le logement n’est pas équipé d’une distribution hydraulique et de radiateurs.
Aides cantonales
Les propriétaires qui optent pour une PAC en remplacement de leur chauffage électrique ont droit à des aides qui adoucissent quelque peu la facture. A l’instar des subventions octroyées pour le remplacement d’un chauffage électrique (voir tableau), les cantons ont des politiques très variables en la matière. Berne, Fribourg, Genève et le Jura, accordent même une aide à celles et à ceux qui abandonnent le mazout pour une PAC.
Yves Noël Grin


