
15 échelles de bonus RC casco auto: pas que du bonus dans les assurances automobiles
Chaque compagnie impose sa propre échelle pour le calcul des bonus et des malus en cas d’accident. Elle permet de calculer s’il vaut la peine d’annoncer les dommages en fonction de leur coût.
Plus de 50% des conducteurs qui ont contracté une assurance automobile en Suisse bénéficient du bonus maximal. Comprenez qu’ils ne paient plus que 30% à 40% de la prime de base, parce qu’ils n’ont pas eu d’accident ou, du moins, n’ont pas réclamé de dédommagement depuis longtemps. Mais ils le savent: au moindre incident dont ils porteront la responsabilité et qui obligera l’assureur à passer à la caisse, ce privilège va partiellement tomber, à moins qu’ils ne bénéficient d’une protection de bonus (lire encadré).
Le principe est simple: à l’heure de signer un contrat, que ce soit celui d’une responsabilité civile (RC, obligatoire pour tous les propriétaires d’une automobile) ou celui d’une casco complète, l’assuré va – normalement – payer les 100% d’une prime de base. Montant qui va diminuer de quelques pour cent pour chaque année passée sans sinistre, chaque assureur ayant sa propre échelle. Le tableau comparatif ci-dessous démontre ainsi que, selon la compagnie, il faut – normalement – entre huit et seize ans pour arriver au bonus maximal.
Négociez!
Si nous précisons «normalement» deux fois dans le paragraphe précédent, c’est parce qu’il n’y a presque plus aucun courtier qui impose une prime pleine à un nouveau client. Il va, en effet, lui offrir une réduction de 20% à 30%, voire plus, en fonction de l’expérience, des autres assurances contractées chez lui, de son envie du jour de conclure des contrats, etc.
Dès lors, il convient de négocier! Les assureurs se livrent une guerre incessante pour attirer les bons conducteurs: tirez-en avantage à votre profit. Insistez sur le fait que vous êtes un «bon risque» et n’hésitez pas à vous rendre auprès de la compagnie A avec l’offre de bonus proposée par la compagnie B, en lui demandant de meilleures conditions si elle entend emporter le marché! Une personne qui n’a pas eu d’accident durant les sept ou huit dernières années ne devrait tout simplement pas accepter autre chose que le bonus maximal.
Comparer jusqu’au bout
Il convient toutefois de mettre ce critère en relation avec le montant de la prime. Pas besoin, en effet, d’être fort en maths pour comprendre qu’il vaut mieux un bonus de 90% avec une prime de base de 800 fr. qu’un bonus de 80% avec une prime de 1000 fr.! Et il faut aussi faire attention au malus que la compagnie prévoit en cas de dommage (4 degrés presque partout, mais 5 à La Mobilière et à Vaudoise), tout comme à la progression de l’échelle au-delà de 100%. Ainsi, un assuré qui paie une prime pleine la verra passer de 130% à 200% en cas de sinistre. Pas de mégarde non plus: si les minimas correspondent à la limite au-delà de laquelle la prime ne baissera plus (l’assuré va donc continuer de payer le même prix les années qui suivent), les maximas sont une véritable épée de Damoclès: à ce stade, la compagnie va résilier le contrat et le conducteur avoir toutes les peines du monde à s’assurer ailleurs!
Actionner l’assurance ou non
Face au coût engendré par un malus, il faut parfois se demander s’il est opportun d’actionner son assurance, particulièrement quand les frais ne sont pas très élevés. Le calcul à faire n’est pas compliqué, mais contraignant. Il consiste à additionner les primes qu’on va payer si on annonce l’accident ou si on ne le fait pas durant tout le laps de temps nécessaire à retrouver les mêmes conditions.
Exemple avec un assuré qui, en 2012, a signé un contrat avec une prime à 100% (voir tableau ci-contre).
⇨ Chaque année sans accident, il a bénéficié d’un bonus de 5%.
⇨ Il vient d’avoir un accident dont il porte la responsabilité et doit actionner son assurance, qui va le sanctionner d’un malus de 20%. Il va donc se retrouver, dès l’an prochain, au point de départ.
⇨ S’il déclare l’accident, il devra attendre 2027 pour arriver au bonus maximal prévu, soit 50%. Un stade qu’il aurait atteint en 2022 s’il n’avait pas eu d’accident.
⇨ Dans le premier cas, le montant des primes entre 2017 et 2027 s’élève à 8250 fr. S’il ne le déclare pas, il n’aura payé que 6250 fr. Il faut donc que les dégâts soient supérieurs à la différence (2000 fr.) pour qu’il ait intérêt à annoncer le sinistre.
⇨ S’il devait, en plus, payer une franchise, elle devrait évidemment entrer dans le calcul et être déduite de la différence.
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Risque annulé
Les échelles reproduites dans le tableau de gauche ne concernent que les couvertures minimales. Les clients peuvent, en effet, conclure une garantie protection de bonus, lorsqu’elle n’est pas incluse d’office dans l’assurance. Du coup, même si la responsabilité est engagée et que la compagnie doit donc payer des prestations, les primes de l’assuré n’augmentent pas ou seulement dans une moindre mesure. Cet avantage est généralement limité à un cas sur une période déterminée, mais est parfois accordé pour plusieurs sinistres. Elle n’est, par ailleurs, pas toujours valable pour l’assurance casco.
Dans certaines compagnies, cet avantage n’est proposé qu’aux clients ayant atteint le bonus maximal, mais d’autres l’octroient déjà à partir de 80% ou 90%. Certaines offrent même la protection de bonus maximal «à vie» une fois qu’on y est resté quelque temps. Mais, dans le langage des assureurs, «la vie» correspond à la durée du contrat. Or, en cas de sinistre, la compagnie a le droit, comme l’assuré d’ailleurs, de résilier le contrat, ce qu’elle n’hésitera pas à faire si le client devient un trop mauvais risque.

