
Contrôle parental pour smartphones
Il existe plusieurs solutions de contrôle parental pour les smartphones des enfants. Mais leur utilité reste limitée.
De nombreux enfants possèdent, aujourd’hui, un smartphone et l’accès aux contenus nuisibles d’internet est infini. La question du contrôle parental se pose alors. Les parents auront le choix entre trois possibilités: installer une application, utiliser les options proposées par le système d’exploitation de l’appareil ou mettre en place une protection au niveau du wifi dans la maison.
1 Applications: elles se valent toutes
Jusqu’en 2014, l’association Action Innocence testait les différents logiciels de contrôle parental gratuits et payants. Trois aspects étaient alors évalués: la qualité du filtrage, les options et l’utilisation (voir actioninnocence.org). Cette expérience n’a pas été renouvelée. Selon Hervé Dubrit, responsable du département technologies, les applications se valent toutes, de nos jours. Les deux aspects importants, lors du choix, restent cependant la qualité du filtrage, notamment des images et des vidéos, et la capacité à ne pas «surbloquer» l’accès de certains sites autorisés (par exemple, parce que leur nom porte à confusion, comme ceux ayant trait à l’éducation sexuelle et la série Sex and The City).
2 Systèmes d’exploitation: surveiller et restreindre
Les principaux systèmes d’exploitation mobiles incluent des options pour limiter l’utilisation du net aux plus jeunes. «Restriction» est le mot d’ordre du contrôle sous iOS d’Apple. En allant sous «Réglages –> Général –> Restrictions», l’accès aux applications et aux différentes fonctionnalités peut être défini. Généralement, il s’agit d’autoriser, ou pas, chaque installation, suppression ou modification, qu’elles aient trait aux applications, aux contenus, à la confidentialité, aux achats en ligne ou aux comptes d’utilisateurs. Pas de demi-mesure donc.
La gestion parentale sur le Windows Phone se fait à travers un compte d’utilisateur Microsoft (à partir d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone). Grâce à ce dernier, un administrateur peut «gérer» sa famille: rapport d’activité de la navigation sur le web, possibilité de bloquer certains sites, applications et jeux, contrôle des plages horaires de connexion, limitation des achats et localisation de l’enfant… Bien plus qu’un simple contrôle, il s’agit là d’un véritable attirail de surveillance.
Quant au système Android de Google, il ne propose aucune restriction parentale, si ce n’est la recommandation de télécharger une application tierce sur Google Play Store.
3 Contrôle du wifi: utile uniquement à la maison
Il est aussi possible de gérer individuellement, depuis son ordinateur ou une application, les heures de navigation des enfants sur le réseau wifi, grâce aux fonctions proposées par les routeurs (Internet-Box de Swisscom, NetGear, etc.) ou des box «physiques» qui se branchent dessus (Ikydz). Une connexion de quelques heures par jour personnalisée pour chacun peut être configurée. Certains systèmes proposent aussi de bloquer des sites ou de contrôler l’accès aux contenus inappropriés par catégorie. Maîtriser le wifi peut s’avérer radical, mais, évidemment, inutile dès que l’enfant quitte la maison, se connecte sur le réseau mobile ou fait un partage de connexions.
Parents dépassés VS enfants malins
Pour Xavier Gonzalez, du magasin d’informatique Internex à La Chaux-de-Fonds, les parents sont souvent dépassés par les nouvelles technologies et l’utilisation qu’en font leurs enfants. Et les sécurités peuvent toujours être contournées: en se connectant ailleurs, en réinitialisant le téléphone pour désactiver le contrôle ou encore en découvrant le code d’accès. Une protection à 100% n’est donc jamais garantie. Et dans de nombreux domaines, notamment les nouveaux réseaux sociaux, tels que Periscope (vidéos diffusées en temps réel), des efforts restent à faire. A côté de l’installation d’un contrôle parental technique, il reste donc essentiel d’accompagner l’enfant dans les méandres du net.
Camille Degott


