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Quelle carte glisser dans la valise?

L’argent plastique décuple la créativité des banques. Crédit, débit, travel cash ou à prépaiement: à chaque formule correspond un usage précis.

Bonjour la prise de tête: les cartes de paiement se déclinent aujourd’hui sur mille variantes! Du modèle «standard» au «platine» en passant par les modèles «Lady» ou «Corto Maltese», bien malin qui en saisit les subtilités. Voici donc les quatre principales formules proposées, avec leurs caractéristiques.

Maestro et PostFinance Card

La carte de débit, c’est celle qui ne nous quitte presque jamais. Qu’elle s’appelle «Maestro», si elle est émise par une banque, ou «PostFinance Card Direct», son prix de base est modique, quand il n’est pas compris dans un forfait de gestion annuel. A l’étranger, elle est avantageuse pour les retraits d’argent de même que les achats. Avec un bémol toutefois pour la carte jaune de PostFinance, qui n’est pas acceptée dans les commerces hors de nos frontières.

Avec ce moyen de paiement, pas de facture à régler après coup: le montant est débité directement du compte auquel est adossé le sésame. Ce qui le rend inutilisable si l’on est dans les chiffres rouges. Hors des frontières européennes, la banque émettrice peut aussi limiter les retraits. Et, sur place, le montant maximal est fixé par l’institution gérant le bancomat.

En cas de perte, le propriétaire se verra enfin taxé pour le blocage et le remplacement de la carte: mieux vaut ne pas la laisser traîner sur la plage et signaler aussitôt son remplacement. Si Raiffeisen Suisse facture 30 fr. pour le blocage et le remplacement, les mêmes prestations coûtent 105 fr. à la Banque Cantonale Vaudoise.

Cartes de crédit

Les cartes Visa et MasterCard sont proposées par la plupart des institutions financières, généralement toutes les deux à des conditions identiques. La plupart des émetteurs font payer désormais la facture sur papier, si bien qu’il est plus avantageux d’opter pour la version électronique ou le prélèvement direct (LSV). Cette dernière solution évite, en outre, d’être pénalisé par les intérêts de retard si la douloureuse arrive pendant une absence prolongée.

Idéales pour régler son dû dans les commerces, les hôtels et les restaurants, les cartes de crédit sont, en revanche, à proscrire au bancomat, et ce, même en Suisse. Chaque retrait est en effet taxé de 10 fr. au moins et la note grimpe vite jusqu’à 3,5%, voire même 4% du montant retiré. Selon ses habitudes, il vaut aussi la peine de comparer le surcoût frappant les achats à l’étranger. Il démarre en effet à 0,90% du montant chez PostFinance pour grimper à 2,5% chez Credit Suisse.

Cartes à prépaiement

Comme seuls les clients solvables, donc disposant d’un revenu régulier, ont droit à une carte de crédit, les institutions financières ont concocté un produit spécialement pour les jeunes sans revenu: les cartes à prépaiement.

Ici aussi, deux outils à ne pas confondre. La Travel Cash de Swissbankers, qui a remplacé les travellers cheques, ou la Cornèr Easy Travel sont conçues pour l’étranger. Les retraits d’argent restent avantageux et le remplacement est gratuit. Pas de cotisation annuelle, mais le chargement est payant: elle a sa place dans la poche des baroudeurs.

Depuis quelques années, une autre formule a fait son apparition: la carte à prépaiement du genre MasterCard Prepaid. «Elle n’est pas destinée aux voyageurs, mais prévue pour un usage quotidien», précise le porte-parole de swissbankers.ch Thomas Beck. On peut ainsi l’utiliser gratuitement dans les commerces, mais il faut payer une cotisation. Elle a, à vrai dire, peu d’avantages par rapport à une carte de débit, à part le fait de pouvoir régler certaines emplettes en ligne.

A la croisée des deux, la Cornèr Easy Travel facture une cotisation annuelle de 35 fr. mais les coûts pour les retraits (1%) et les achats (1,2%) sont raisonnables. Son remplacement est, en outre, gratuit.

Payer en monnaie locale

Quelle que soit la formule choisie, on évitera de coller un post-il affichant le code sur le précieux rectangle et on emportera avec soi les numéros à appeler en cas de perte. Mieux vaut aussi se méfier des arguments publicitaires: la formule «Lady» de CornèrCard coûte ainsi 20 fr. de plus par an et son seul avantage est d’assurer les sacs à main. La plupart des cartes de crédit sont, du reste, assorties de programmes bonus et d’assurances qu’il vaut la peine de consulter selon ses besoins.

Au moment de payer un achat à l’étranger, il est préférable de le régler en monnaie locale. L’émetteur de la carte se chargera de faire la conversion au moment de facturer l’opération et appliquera une taxe variant entre 0,90% et 2,5% selon notre relevé. En cas de change immédiat, c’est en revanche le fournisseur du terminal qui effectue le change au cours du jour, en prélevant au passage une commission de 3% pour ce service. Le calcul est vite fait!

Claire Houriet Rime