
Festivals et billets hors de prix
Assister au concert de son idole peut coûter extrêmement cher. Il faut dire que les organisateurs de manifestations ne font pas grand-chose pour limiter le marché gris.
Il y a des événements – culturels ou sportifs – qu’on aimerait ne rater pour rien au monde. Mais le sacrifice financier peut-être très douloureux. Car lorsque les billetteries officielles ont été prises d’assaut, il ne reste que le marché gris pour entretenir son rêve. Et là, le prix des sésames peut atteindre des sommets d’autant plus vertigineux que la demande est grande.
Il faut dire que les billetteries ne s’activent pas vraiment pour lutter contre ce marché parallèle. Parmi les festivals de musique, celui du Gurten fait quelque peu exception avec le lancement d’un système de ticket nominatif (lire «Lutte contre le marché gris: les festivaliers trinquent»). Le concept a toutefois un inconvénient de taille pour celles et ceux qui ont acheté un billet et qui ne peuvent le revendre en cas d’empêchement. Mais le Festival du Gurten dit étudier, à l’avenir, la mise en place d’un système d’échange qui pourrait résoudre cet obstacle.
Le Gurten a au moins le mérite de s’attaquer frontalement au marché gris, même si l'association des organisateurs professionnels de concerts, shows et festivals (SMPA) se plaît à dire que cette solution n’est pas idéale. Elle dit encourager ses membres à trouver d’autres pistes comme la limitation du nombre de billets par personne ou la mise sur pied de bourses d’échange. Autant de mesures déjà en vigueur dans certaines manifestations et qui n’ont pas déployé des effets très convaincants.
Absence de bases légales
Il est vrai que la Suisse, contrairement à la France (lire «Dernière chance pour aller à l’Euro 2016») ne dispose pas de loi qui interdise le marché gris. Dans un communiqué diffusé aujourd’hui, la SMPA est d’avis qu’une telle interdiction «serait utile» sans faire preuve d’un grand militantisme en la matière. Elle préfère axer son action sur l’information au public avec des conseils qui se résument à une idée maîtresse: mieux vaut acheter ses tickets dans les billetteries officielles. Pas de quoi faire peur au marché gris qui semble décidément profiter à tous sauf aux spectateurs honnêtes.
Yves-Noël Grin


