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Pas si grec, le yogourt «à la grecque»

Alors qu’elle pensait acheter des yogourts grecs au lait de brebis, Ariane Bondi s’est retrouvée avec des yogourts «à la grecque» au lait de vache. Ceci n’est pas une tromperie du fabricant, mais le reflet d'une zone grise concernant l’étiquetage de certains laitages.

Alors qu’elle pensait acheter des yogourts grecs au lait de brebis, Ariane Bondi s’est retrouvée avec des yogourts «à la grecque» au lait de vache. Quelle différence?

En Grèce, il existe de nombreuses variétés de yogourts au lait de vache, de brebis ou de chèvre. Et ce qu'on appelle «yogourt grec» en Suisse, se vend là-bas sous le terme de «straggisto», ce qui signifie «essoré», précise Georges Smyrliadis, dirigeant de l’entreprise familiale du même nom, spécialisée dans l'importation de produits grecs. Ce produit au lait de vache passe par une étape d’égouttage durant laquelle le petit lait est évacué. Trois kilos de lait frais sont nécessaires pour un kilo de yogourt grec «authentique», selon le catalogue des produits grecs Olympus. C’est cette méthode qui donne une consistance solide et un goût acidulé, très appréciés des amateurs.

Un processus de fabrication qui n’a rien à voir avec celui des yogourts dits «à la grecque», que l’on trouve sur les étalages de nos grandes surfaces, à l’instar de ceux commercialisés par Nestlé. Si la base est aussi constituée de lait de vache frais, le fabricant ajoute de la poudre de protéine maigre, puis, après la fermentation, de la crème. Ce yogourt enrichi en matières grasses sera également rond et velouté, mais sa teneur en matière sèche bien moindre que celle de la préparation grecque traditionnelle. 

Les yogourts «à la grecque» que l'on trouve dans nos supermarchés n’ont donc de grec que le nom et sont toujours au lait de vache, sauf indication contraire. Daniel Büchler, responsable des employés en industrie laitière du canton de Fribourg, déplore la zone grise qui existe autour de l’étiquetage de nombreux produits laitiers, importés ou pas, qui est sans doute à l’origine du questionnement de notre lectrice.

Camille Degott