
Edito: Vivre avec le risque
Le risque est partout, parfois de taille, parfois minime.
Ainsi, l’histoire nous apprend que, en versant 5000 fr. par an dans un portefeuille d’actions diversifiées, un investisseur n’a jamais perdu d’argent s’il l’a conservé trente ans durant entre 1900 et aujourd’hui (lire pages 4 et 5). Mais le rendement varie, selon le début et la fin de la période de placement, entre 4% – ce qui est ridicule – et 478% – ce qui est énorme! Et, surtout, le passé ne prédit rien du futur: nul ne sait donc si, à l’avenir, l’opération ne se révélera pas une fois déficitaire.
Il en va de même avec les parts sociales de la très solide Raiffeisen. Un lecteur s’étonne de la voir prendre tant de précautions au moment de la vente, au point d’évoquer la possibilité d’un non-remboursement (lire page 8). Le pire – un manque de fonds propres, dont font partie les parts sociales – ne s’est jamais produit en plus d’un siècle, mais cela n’empêche pas la banque de s’en protéger, le cas échéant, et donc de prévenir ses clients.
Même raisonnement encore pour les propriétaires proches de la retraite possédant une hypothèque relativement importante. Ils peuvent, aujourd’hui, largement couvrir les intérêts qu’elle induit, parce qu’ils ont un revenu confortable et, surtout, que les taux sont au plus bas (lire page 21). Mais lorsque les rentes auront remplacé le salaire, et si les taux venaient à remonter, la donne changerait considérablement. Pour s’en protéger, les institutions de prêt vont donc anticiper cette éventualité et exiger, si nécessaire, un versement cash pour remettre les pendules à l’heure.
Oui, décidément, le risque est partout. Il faut le savoir et prendre les mesures nécessaires pour le minimiser, mais ne pas tomber non plus dans la paranoïa et le vivre comme une menace permanente.
Christian Chevrolet


