
Et si on moulinait à l’hydrogène?
La pile à combustible entend révolutionner la mobilité de demain. Elle s’est déjà logée sous les capots de plusieurs voitures produites en série, comme la Hyundai ix35 Fuel Cell ou la Toyota Mirai (lire «L’hydrogène met le turbo», TCF 10/2014). Cette technologie présente l’avantage d’animer des moteurs électriques en ne rejetant que de la vapeur d’eau et pas un seul gramme de CO2. Elle profite simplement de la réaction chimique entre l’hydrogène et l’oxygène ambiant pour générer du courant.
Après l’automobile, c’est au tour du vélo électrique à lorgner sur la pile à combustible. L’avantage, par rapport à une batterie traditionnelle, est double pour un e-bike: le temps de charge est réduit à peau de chagrin – moins de 5 minutes – et l’autonomie est portée à quelque 100 km. Si aucun modèle n’est encore en vente sur le marché, tout laisse à penser que le phénomène est imminent.
En effet, plusieurs sociétés ont déjà affiné des projets qui ont dépassé le stade du développement. C’est le cas de la société basque Pragma Industries qui produit l’Alpha, un modèle que la poste française teste en conditions réelles en Aquitaine. Pour sa part, l’entreprise allemande Linde a dévoilé le H2 Bike (photo), un vélo de ville qui va prochainement faire l’objet de tests de longue durée.
Des cartouches innovantes
Si l’absence de rejet de CO2 parle en sa faveur, l’hydrogène n’est pas une solution parfaite pour autant. Sa production pose notamment des problèmes environnementaux, sachant qu’elle implique l’utilisation d’énergies fossiles. Et puis, un obstacle de taille empêche son expansion: l’absence d’un réseau de distribution qui permette aux véhicules de faire le plein. Or, ce n’est pas demain que les points de ravitaillement vont fleurir comme des stations d’essence traditionnelles!
Mais la solution pourrait venir de la société genevoise Aaqius qui a inventé un dispositif de recharge innovant. Présenté en décembre dernier à Paris, son système StorH conditionne l’hydrogène – sous forme solide – dans des cartouches qui ont la taille approximative d’une grosse canette de bière. L’idée est de diffuser ces cartouches dans des distributeurs automatiques et les supermarchés. Des tests sont actuellement réalisés en Asie sur une huitantaine de scooters en vue d’une commercialisation probable en 2017. Deux canettes suffiraient à les faire rouler une centaine de kilomètres. YNG


