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Dormez, il n’y a rien à voir!

Nombre d’entre nous aiment voyager en avion côté hublot afin de contempler la terre d’en haut. Fredi Kunz, de Lenzbourg (AG) a ainsi payé 20 fr. de supplément à Swiss pour choisir son siège, qu’il a pris côté fenêtre sur un vol Bangkok-Zurich. L’avion a décollé à 12h30, heure locale. Après le repas, l’équipage a ordonné aux passagers de descendre les  volets des hublots. Une décision qui a passablement irrité notre lecteur et d’autres passagers, qui s’en sont plaints. En vain. «Quand un membre de l’équipage donne l’instruction de fermer les stores de hublot, il faut la suivre»,  nous a résumé la compagnie. Cela est valable aussi pour les vols de jour, par exemple lorsque les rayons du soleil l’exigent ou parce que beaucoup de passagers dorment. «Lorsque certaines personnes ne s’y conforment pas, nous faisons appel à leur compréhension et cela donne de bons résultats», précise la porte-parole du transporteur.

Dans les conditions générales

En fait, les passagers de Swiss n’auraient aucun droit en matière de vue.  La compagnie fait ainsi valoir que, en réservant un siège côté hublot, le client achète l’emplacement, mais pas la vue par la fenêtre. D’ailleurs, selon les places, le hublot peut être légèrement décalé vers l’avant ou l’arrière. Vito Roberto, expert du droit du voyage et professeur à l’Université de Saint-Gall partage le point de vue de la compagnie: «Dans leurs conditions générales de transport, il est expressément mentionné que l’équipage peut prendre des mesures quand un comportement est susceptible de déranger le confort ou la commodité des autres passagers.»

Swiss n’est pas seule à avoir adopté des consignes strictes. Les passagers de British Airways, par exemple, doivent aussi abaisser les stores dans des trajets diurnes quand le personnel le demande. Quant à Emirates, ils doivent être abaissés pendant les vols de nuit lors des passages en zone diurne. Pendant les autres voyages, les passagers peuvent décider eux-mêmes. D’autres laissent le choix, comme America Airlines, easyJet et la compagnie suisse Edelweiss. Cette dernière précise: «Sur les vols longs-courriers, nos équipages recommandent de fermer les stores, mais, si un passager ne le souhaite pas, il n’y est pas obligé.» MF/seb