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Sans risque, ça n’existe pas!

Les sociétaires des banques Raiffeisen n’ont pas trop de soucis à se faire, même si les offres promotionnelles évoquent la possibilité de ne pas rembourser les parts.

Depuis toujours, les Banques Raiffeisen chouchoutent leurs clients lorsqu’ils deviennent sociétaires, ce qui est le cas d’un sur deux. En faisant l’acquisition d’une seule part de 200 fr., ils bénéficient, en effet, de nombreux avantages appréciables (lire encadré).

Récemment, Pierre Perroud,  de Ménières, s’est même vu proposer de racheter jusqu’à 50 parts supplémentaires avec, à la clé, une rémunération nettement supérieure à n’importe quel compte d’épargne, puisque le rendement annuel se situe actuellement entre 2,75% et 3%. Une opportunité intéressante pour investir 10 000 fr., au vu des taux proposés pour les placements sans risque, aujourd’hui!

Un extrait de la brochure promotionnelle inquiète toutefois notre lecteur, qui invoque le risque de ne pas se voir rembourser les parts (lire extrait dans la photo). D’autant que, un peu plus loin, les auteurs en rajoutent une couche: «Optez pour l’achat de plusieurs parts sociales uniquement lorsque vous êtes conscients des risques qui y sont liés.»

Précision réglementaire

Le porte-parole de Raiffeisen Suisse, Philippe Thévoz, se veut rassurant: «La mention ‘‘sans en indiquer les motifs’’ provient de la réglementation issue de Bâle III, valable pour tous les établissements financiers, et plus précisément de l’ordonnance sur les fonds propres et la répartition des risques des banques de 2012. Pour Raiffeisen, c’est le conseil d’administration de chacune des 292 banques qui exerce ce droit, qu’il faut interpréter comme une précaution permettant d’empêcher que la multiplication des remboursements menace l’adéquation des fonds propres.»

Il s’agit donc d’un avertissement, indispensable mais peu probable. Car Raiffeisen n’a, pour l’heure, aucun problème de ce côté-là, d’autant que les fonds propres sont à évaluer au regard de l’ensemble du groupe. «Nous remplissons largement les exigences réglementaires, précise Philippe Thévoz, et faisons même partie des banques les plus sûres de Suisse.»

Reste que, comme tout placement, les parts sociales ne sont pas totalement sans risque. Même si les Banques Raiffeisen ont renoncé, il y a deux ans, à la clause permettant d’exiger de chaque sociétaire un versement pouvant aller jusqu’à 8000 fr. si le bilan annuel devait révéler «que le capital social n’est plus couvert». Ce qui, en cent ans, n’est jamais arrivé! En revanche, à l’inverse de l’épargne, les parts sociales ne sont pas couvertes par la garantie (100 000 fr.) des dépôts des banques suisses.

Christian Chevrolet