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Banques: patte blanche par vidéo

Plus besoin de se présenter à un guichet pour ouvrir un compte bancaire: les banques peuvent, dès aujourd’hui, identifier leurs clients par vidéo. Très pointilleuse dans la lutte contre le blanchiment, la Suisse exigeait jusqu’ici des documents d’identité officiellement certifiés pour autoriser l’ouverture d’un compte en ligne. Ce qui impliquait de se déplacer tout de même pour obtenir un timbre sur la copie du passeport, à un tarif variant entre 5 fr. et 25 fr. selon les prestataires.

Un grand pas a été franchi, ce printemps, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle circulaire de la Finma, l’Autorité de surveillance des marchés financiers. Elle autorise désormais les banques à dialoguer par vidéo avec leur client pour cette démarche. «Attention, précise toutefois le porte-parole Vinzenz Mathys: l’image et le son devront être d’une qualité suffisante pour permettre l’identification et l’entretien sera enregistré.»

Il faudra ainsi présenter à l’écran son passeport ou sa carte d’identité, dont la caméra devra être à même de pouvoir déchiffrer le code. Le collaborateur menant l’entretien pour la banque devra, en outre, vérifier l’une des marques optiques de sécurité, tels que hologramme, kinégramme ou autre élément d’impression avec effet de bascule.

Autre possibilité: envoyer à la banque une simple copie scannée du document d’identité. «Dans ce cas, précise Vinzenz Mathys, le premier virement effectué sur la nouvelle relation bancaire doit provenir d’un compte déjà existant en Suisse. Cette précaution garantit que le client a déjà dû montrer patte blanche et faire le processus d’identification selon les normes helvétiques.»

La balle est désormais dans le camp des institutions bancaires: à elles de développer les outils remplissant ces conditions. Ainsi, UBS propose déjà d’entamer une relation bancaire sur smartphone par le biais d’une application spécifique. Une option prévue d’ici à l’été à Raiffeisen, «dans un avenir proche» à PostFinance et avant la fin de l’année pour Credit Suisse. A la BCV, les réflexions sont en cours.                                                            

CHR