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Du sucre partout, même dans le thon

alimentation L’excès de sucre favorise l’apparition de plusieurs maladies. L’industrie alimentaire en ajoute dans de nombreuses denrées transformées, y compris dans des préparations considérées comme salées. Quelques exemples.

Les Suisses ingurgitent, en moyenne, 120 g de sucre par jour. Or, un adulte ne devrait pas en consommer plus de 50 g, et «ce serait encore meilleur pour la santé de réduire l’apport à 25 g», souligne l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette recommandation, précise-t-elle, ne concerne que les sucres «libres» et ne s’applique pas aux «intrinsèques» qu’on trouve dans les fruits et les légumes frais, ni ceux naturellement présents dans le lait (lire encadré). 

Une consommation excessive de sucres libres risque d’entraîner un surpoids ou une obésité, eux-mêmes susceptibles de favoriser l’apparition de maladies cardiovasculaires, d’un diabète de type 2 et de certaines formes de cancer, prévient l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Dissimulés dans les aliments transformés

En absorber 50 g en une journée, c’est pourtant vite arrivé! Il suffit, par exemple, de boire un peu moins d’un demi-litre de Coca. Et même en se passant de sodas, on peut avoir de méchantes surprises. «La plupart des sucres consommés aujourd’hui sont «dissimulés» dans des aliments transformés qui ne sont pas considérés comme sucrés», souligne ainsi l’OMS. D’après la nutritionniste allemande Daniela Wolff, «ils sont présents comme exhausteur de goût à chaque fois que l’industrie renonce aux matières grasses». Voici quelques exemples.

⇨ Une boîte de Plat de thon M-Classic (185 g) vendue chez Migros en renferme 11g.

⇨ On trouve l’équivalent d’un morceau (4 g) dans deux cuillères à soupe de vinaigre Anna’s Best Balsamico Dressing. La bouteille de 3,5 dl contient ainsi presque
11 carrés!

⇨ Les sauces tomate sont aussi de véritables bombes sucrées! Près de 6,5 morceaux dans un bocal de Qualité & Prix Napoletana (420 g).

⇨ Il y en a plus de 11% dans les Chips paprika de Zweifel.

⇨ En mangeant trois tranches de Pain de mie pour les toasts Prix Garantie de Coop, le consommateur en ingurgite plus de 4 g. On compte aussi l’équivalent d’un morceau dans les pizzas Weight Watchers al Prociutto (180 g) de Coop et dans 100 g de Risotto Subito Zafferano vendu chez Migros.

Pour la constance du goût

On pourrait décliner la liste à l’infini. Certaines denrées très salées, comme le lard à griller, le saumon fumé et les saucisses, en ont aussi. Coop justifie cette utilisation pour des raisons techniques. Il favoriserait, par exemple, la réaction de la levure et jouerait un rôle important pour faire lever la pâte. Avec la sauce tomate, c’est différent. «La teneur en sucre des tomates peut varier. On en ajoute donc, afin que le goût reste constant.»

Migros met aussi en avant le rôle de vecteur de goût: «Un peu de sucre peut parfaire la saveur», estime sa porte-parole, Martina Bosshard. De plus, l’Anna’s Best Balsamico Dressing ne contiendrait que 4 g ajouté par 100 ml, et le reste serait d’origine naturelle. C’est le cas aussi pour la moitié du sucre présent dans le thon en boîte.

Zweifel avance le même argument pour les pommes de terre. Cela étant, le condiment au paprika renferme du sucre de raisin et de la maltodextrine, afin que le
paprika se répartisse plus uniformément sur les chips. «Des changements de formule modifieraient clairement le résultat global», affirme sa porte-parole, Denise Spirig.

Markus Fehlmann / seb