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Ecran, mon bel écran, qui court le plus vite?

Pour ajuster sa foulée, il suffit désormais d’écouter les conseils de son smartphone. Des innovations à double tranchant.

Mesurer sa vitesse de course, les kilomètres parcourus et le dénivelé effectué, c’est désormais simple comme bonjour avec les nombreuses applications sur le marché. A noter que certaines d’entre elles sont également valables pour les cyclistes.

Première étape: télécharger l’application (lire encadré). Disponibles sur iPhone et Android, elles basent leurs informations sur la localisation GPS grâce à la puce insérée dans l’appareil. Dans leur version gratuite, elles renseignent toutes au minimum sur la distance parcourue et la vitesse, à condition de se créer un compte ou de se connecter par le biais de Facebook. En indiquant sa taille et son poids, on obtiendra encore le décompte des calories dépensées.

Il est également possible de se fixer des objectifs… et de se voir rappeler à l’ordre s’ils ne sont pas atteints! Les versions les plus abouties proposent encore des programmes d’entraînement et se connectent sur les listes de musique enregistrées.

A l’arrivée, la course est enregistrée et comparée aux prestations précédentes, voire avec celles d’autres coureurs selon les options proposées. Si le tracé sur la carte est parfois un peu fantaisiste, les mesures sont relativement fiables.

Un aiguillon stimulant

Attention toutefois: pour mesurer son pouls, il faudra acheter un cardiofréquencemètre qui se fixe, au moyen d’une ceinture thoracique (dès 60 fr.). Nombre de coureurs préfèrent alors opter pour une montre connectée. Plus confortable et aussi fiable, elle se fixe au poignet et prend le pouls en continu par le biais d’un détecteur optique.

A noter que, sur les smartphones les plus récents (Samsung Galaxy S5 et iPhone 6), les applications SHealth et Health mesurent également les pulsations si l’on place quelques secondes l’index sur le flash. C’est un peu long, mais fiable, car les vaisseaux sanguins sont très lisibles au bout du doigt.

Voilà pour la technique. Sur le plan sportif, que penser de ces assistants virtuels? «Les informations sont fiables et utiles pour les coureurs de tous les niveaux», répond Simon Thomet, préparateur pour la course Morat-Fribourg. Connaître ses performances et les comparer à ce qu’on a déjà fait, c’est stimulant, sans parler des applications qui fonctionnent en réseau. «Quant aux programmes d’entraînement et aux indications pour l’alimentation et l’hydratation, c’est un plus, même s’ils ne remplacent pas les conseils ciblés d’un coach en chair et en os, qui insistera, par exemple, sur l’importance de profiter des ravitaillements pendant la course», relève l’entraîneur.

«Il est certes intéressant pour un débutant de connaître sa vitesse, mais il faut aussi rester à l’écoute de son corps, relève, de son côté, Raymond Corbaz, président du Footing-Club de Lausanne. Un habitué de la montagne sait ainsi adapter sa foulée dès le départ pour arriver sans encombre au sommet. La technologie n’a du reste pas amélioré les performances des coureurs. Au contraire: le nombre d’Européens courant Morat-Fribourg en moins d’une heure baisse constamment.»

Claire Houriet Rime