
Il n’y a pas qu’easyJet dans le ciel
La compagnie à bas coût propose souvent les meilleurs tarifs au départ de Genève, mais pas toujours. On peut trouver moins cher ailleurs, notamment en voyageant avec un bagage soute.
Lorsqu’elle débarque sur le tarmac genevois en 1999, easyJet profite du vide laissé par Swissair, qui avait décidé, trois ans plus tôt, de concentrer son activité au départ de Zurich. La compagnie low cost a connu, depuis, une croissance fulgurante. En 2015, plus de 40% des passagers ayant décollé de Genève étaient à bord de l’un de ses avions. Certains s’envolent vers les capitales européennes, le temps d’un week-end, parfois pour moins cher qu’un billet de train vers Lucerne ou Zurich – impact écologique non compris...
Aujourd’hui, plusieurs compagnies low cost se partagent le ciel, mais rares sont celles qui tentent une percée dans le bastion genevois d’easyJet. Norwegian (vers l’Europe du Nord), Pegasus Airlines (vers la Turquie) et Wizz Air (vers l’Europe de l’Est) s’y essaient depuis quelques saisons. Quant aux compagnies traditionnelles, elles espèrent récupérer des parts de marché en introduisant de nouveaux modèles tarifaires. Ainsi, Swiss propose, depuis 2013, des tarifs «Economy Light» qui n’incluent pas de bagages enregistrés. D’autres ont créé des filiales à bas coût, notamment Lufthansa (avec Germanwings), Air France/KLM (avec Transavia) ou British Airways/Iberia (avec Vueling).
Vers laquelle se tourner pour obtenir les meilleurs tarifs? Nous l’avons vérifié en comparant le prix d’un billet d’avion pour deux personnes à destination de onze villes vers lesquelles au moins deux compagnies sont en concurrence, pour trois périodes à chaque fois: l’Ascension, le mois de juillet et le mois de septembre. Comme toutes les compagnies ne décollent pas quotidiennement vers toutes les destinations, nous avons déterminé un intervalle à respecter entre le départ et le retour (voir colonne «Conditions» du tableau): strict à l’Ascension, assez flexible en juillet et totalement libre en septembre, pour autant que le retour se fasse un ou deux jours plus tard.
Le bagage bientôt plus cher que le passager
Nos résultats montrent qu’easyJet fait bel et bien la course en tête: elle reste la moins chère pour 14 des 18 scénarios dans lesquels elle est en concurrence. Quatre de ses victoires se font, toutefois, avec un écart de moins de 50 fr. Vueling s’en tire mieux en direction de Barcelone à l’Ascension (395.56 fr. pour deux), Germanwings vers Hambourg en juillet et en septembre (202.96 fr. et 122.96 fr.), et Tap Portugal, une compagnie pourtant traditionnelle, en juillet vers Lisbonne (547.90 fr.).
Si easyJet concède la moitié de ses défaites en juillet, c’est souvent en raison du bagage en soute que nous avons ajouté à nos passagers. Celui-ci est de plus en plus souvent payant, même avec les compagnies traditionnelles si l’on choisit la classe tarifaire la moins chère. Seules trois de celles que nous avons testées le transportent encore gratuitement: SunExpress, TAP Portugal et Turkish Airlines. Or, easyJet est celle qui sale le plus la note: la surtaxe avoisine 50 fr. par personne (aller-retour), et monte même à 76.50 fr. vers Marrakech. Vers Lisbonne, les deux fois 70 fr. à débourser lui coûtent ainsi la première place (663 fr. tout compris contre 548 fr. pour TAP Portugal). Vers Nice, enfin, les deux valises représentent 43% du prix total des billets! Les passagers qui parviennent à tout caser dans un bagage à main font donc de belles économies.
Malgré ses tarifs «Economy Light», Swiss ne s’impose qu’à une reprise, vers Florence en juillet. Elle s’incline parfois d’une courte tête face à easyJet, notamment à Londres. La taxe pour paiement par carte de crédit – 22 fr. – lui coûte même la victoire en juillet, car sa concurrente n’encaisse «que» 5 fr. au total pour l’utilisation de la même carte. Vers Marrakech, destination extra-européenne, la note atteint même les 44 fr.! Il est toutefois possible de faire tomber ces frais en payant avec la Postcard (mais pas la Maestro).
Pas cher, mais pas pratique
Les fréquences limitées des vols de Swiss au départ de Genève expliquent, elles aussi, les écarts de prix: avec souvent un unique vol quotidien, voire même un à deux par semaine seulement, il est plus difficile de jouer avec les dates et les horaires pour trouver le meilleur prix. En effet, le tarif le moins cher de notre tableau est souvent obtenu au prix du sacrifice d’un jour à destination, c’est-à-dire en choisissant un vol qui part l’après-midi et un autre qui rentre le matin.
Un agenda extrêmement modulable est d’ailleurs nécessaire pour espérer voler aux prix mentionnés sur les publicités des compagnies aériennes. Pour trouver des aller-retour à moins de 100 fr. par personne, il faut partir hors saison (en septembre dans notre scénario), éviter les week-ends et souvent consentir à perdre le dernier jour sur place en rentrant le matin!
Notre tableau illustre bien le fonctionnement du modèle low cost, qui ne tient pas du miracle: pour quelques passagers qui volent pour moins de 50 fr. par trajet, plusieurs autres paient, comme à l’Ascension, quatre à cinq fois plus.
Vincent Cherpillod


