
Compteurs intelligents: l’envers du décor
Les appareils récents mesurent la consommation d’eau ou de courant en continu. Mais ils génèrent de l’électrosmog, et ce sont de vrais mouchards.
Ringards, les compteurs d’eau ou d’électricité où les chiffres défilent et qu’il faut relever de visu. Ils cèdent la place à des modèles connectés et relevés à distance qui transmettent, en temps réel, les informations pour chaque litre d’eau et kWh consommé. Impossible, par conséquent, de les débrancher, ce qui génère un électrosmog continu quand les données transitent par le réseau de téléphonie mobile (lire encadré).
Quelque 2000 appareils de ce genre transmettent déjà les données au bout du lac, indiquent les Services industriels de Genève. Elles transitent, de nuit, par le réseau 3G. Moins pressé, le Service d’eau de Lausanne n’a pas encore remplacé ses releveurs en chair et en os par des émetteurs, à quelques exceptions près. «Les investissements sont importants et le résultat (baisse de la consommation) n’est pas garanti, explique le chef de service Sébastien Apothéloz. On sait déjà qu’un long bain très chaud est plus gourmand en eau et en kWh qu’une brève douche tempérée».
Pour l’électricité, la mesure en temps réel est pourtant un pilier de la campagne Suisse Energie avec, pour objectif, la connexion de 80% des compteurs d’ici à 2025. La pose d’appareils vise un potentiel d’économie estimé entre 5% et 15%.
À pas de géant
En Suisse romande, le projet avance lentement mais sûrement. «Romande Energie va déployer 240000 compteurs intelligents entre 2018 et 2025, déclare sa porte-parole, Karin Devalte. Libre toutefois à chaque propriétaire de franchir le pas.» Chez ce distributeur, c’est le courant électrique ou, quand c’est impossible, le réseau 3G, qui véhiculera les données de la maison du client à la station la plus proche. Et les stations seront reliées à la centrale par le même biais puis, quand elle sera posée, par la fibre optique.
De leur côté, les Services industriels de Genève gèrent un projet pilote impliquant une centaine de bâtiments et testant différentes technologies (réseau électrique et fibre optique). Une partie des immeubles appartenant à la ville sont aussi équipés. Lausanne est également active dans le domaine, de même que le Val-de-Travers, où les compteurs communiquent par le biais du téléréseau.
Claire Houriet Rime/AG


