Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Fitness low cost, mais en solo

Les fitness low cost entament la conquête des centres urbains romands. Si leurs tarifs et les horaires font leur force, l’absence de suivi gratuit des clients est un inconvénient de taille.

«J’ai choisi cet endroit uniquement pour le prix», confie Karl, 24 ans. Ce jeune colosse de 1,96 mètre pour 109 kilos s’entraîne désormais au NonStop Gym de Lausanne. Un fitness low cost («prix bas») qui vient d’ouvrir ses portes à proximité de la gare, avec deux arguments de poids: une ouverture 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, ainsi qu’un abonnement annuel à 588 fr., alors que les tarifs de la concurrence, ailleurs en ville, avoisinent souvent 1000 fr. Presque inconnu de ce côté de la Sarine jusqu’à récemment, le concept des fitness low cost semble désormais avoir le vent en poupe.

NonStop Gym SA a ainsi ouvert son premier centre en janvier 2014. Deux ans plus tard à peine, la société compte trois clubs à Genève et un à Lausanne. Avant de conquérir la Suisse romande? «Nous ouvrons un club à la fois, tempère Petra Posselius, cofondatrice. Et, en raison de nos petits prix, nous ne pouvons nous installer que dans des zones offrant une certaine densité de population.»

 Clients laissés à eux-mêmes

Pour pouvoir proposer des tarifs attractifs, NonStop Gym a choisi de sacrifier certaines prestations. Résultat: il n’y a ni sauna, ni hamam, ni cours collectifs, et la présence de personnel a été réduite à une vingtaine d’heures par semaine. Un système combiné de code et d’empreinte digitale permet aux membres de venir s’entraîner à toute heure du jour et de la nuit.

«Niveau équipement, ils rivalisent largement avec les machines proposées dans d’autres fitness, mais ils n’ont que ça», résume Patricia Soave, directrice du Centre Wellness Attitude et responsable de la formation fitness wellness à l’Université de Lausanne.

L’absence de cours collectifs ou de sauna ne dérange pas Karl: «J’ai pratiqué dans différentes salles et je payais entre 79 fr. et 99 fr. par mois, alors que je n’utilisais pas ces services.» Le concept poids libres et machines lui convient donc, à un gros bémol près: «Le seul reproche que je formulerais, c’est qu’il n’y a pas de coach. Je vois beaucoup de personnes qui font faux.»

Tour explicatif

NonStop Gym propose bien un tour explicatif succinct des appareils au début du contrat, mais s’entraîner correctement aux machines guidées et aux poids libres ne va pas de soi, d’après Frédéric Rudolf, patron de l’American Fitness à Carouge (GE): «La majorité des gens commettent des erreurs et s’exposent à des claquages, des entorses ou encore à des tendinites. Un suivi permet de réduire le risque.» Un avis partagé par Patricia Soave: «S’il n’y a personne pour corriger votre position, vous risquez la blessure.»

Mais, bien sûr, la présence d’employés dans un centre ne signifie pas obligatoirement que les clients seront corrigés, ni qu’ils le seront de manière efficace. Mieux vaut donc s’en assurer, si l’on considère cet aspect important, avant de signer (lire encadré). A l’American fitness, Frédéric Rudolf assure que du personnel tourne en salle régulièrement pour s’assurer que les mouvements exécutés sont corrects. Chez NonStop Gym, les choses sont claires: le personnel qui est présent 20 heures par semaine n’a pas pour vocation à conseiller les pratiquants. En fait, il y a bien des coachs, mais leurs services coûtent 90 fr. de l’heure. «Si vous voulez des conseils, ce ne sera finalement plus du low cost, puisque vous dépenserez beaucoup d’argent», commente Patricia Soave. Qui estime que la formule présente encore un inconvénient de taille: «Faute d’un suivi sérieux, beaucoup de clients vont perdre leur motivation et abandonner.»

Sébastien Sautebin