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Apprendre au gibier à traverser la route

Différents systèmes sont installés le long des routes pour limiter les accidents entre les voitures et la faune.

Près de 20000 collisions avec des animaux sauvages sont enregistrées chaque année en Suisse. Autrement dit, un choc se produit toutes les 30 minutes environ. Et, les dégâts occasionnés se montent à plus de 25 millions de francs par an, selon l’Association suisse d’assurances (ASA). C’est la nuit que le risque de percuter du gibier est le plus grand (lire encadré).

Confrontés à ces chiffres peu réjouissants, les cantons se sont mobilisés pour réduire le nombre d’accidents. Depuis quelques années, ils ont mis en place des moyens de prévention pour les automobilistes, mais ont aussi installé des avertisseurs spéciaux pour que les animaux puissent traverser la route en toute sérénité, sans risquer de se faire percuter.

Moyens électroniques

Munis de capteurs infrarouges, les systèmes d’alarme électroniques surveillent les abords de la route et avertissent les conducteurs dès qu’un animal se trouve à proximité. Si, par exemple, un chevreuil rôde dans la zone, un signal lumineux «Attention danger» et une limitation de vitesse à 40 km/h s’affichent. Mais, en raison de leur coût élevé et de la maintenance régulière que ce genre de signalisation requière, la Commission internationale pour la protection des Alpes
(Cipra) recommande de les utiliser en priorité sur des tronçons courts où les passages d’animaux sont nombreux.

Les cantons d’Argovie, des Grisons, de Berne, de Glaris et d’Uri ont déjà équipé quelques portions de route.  Un mouvement qui n’a, en revanche, encore trouvé aucun écho en Suisse romande. Toutefois, des discussions sont actuellement en cours à Fribourg pour en installer sur les passages très fréquentés par les cerfs.

Moyens sonores

Les avertisseurs sonores, eux, déclenchent un signal acoustique dès que l’appareil capte le faisceau des phares d’une voiture qui s’approche à 50 ou à 100 mètres. Le bruit émis vise à empêcher l’animal de traverser la route. L’intensité varie en fonction de la température extérieure, afin que le gibier ne s’habitue pas au son et finisse par l’ignorer totalement.

Depuis 2014, le canton Neuchâtel en a posé une centaine sur les tronçons à risque. «L’amélioration constatée est nette, mais nous ne disposons pas encore de statistiques», relève Jean-Roland Pfund, chef du Service de la faune, des forêts et de la nature. Le Jura a, lui, équipé sept portions de routes cantonales à grande fréquentation sur une longueur totale de 11 km.

Moyens optico-acoustiques

Enfin, les cantons de Fribourg, Vaud, Genève et du Valais ont préféré un système dit «optico-acoustique», qui a l’avantage de confronter les animaux à deux stimuli: un son et un signal lumineux, ce qui attirera d’autant plus leur attention. Selon Gottlieb Dändliker, inspecteur cantonal de la faune à Genève, «c’est l’instrument le plus efficace pour prévenir les animaux de la présence d’un danger sur la route».

Mais, à elle seule, l’installation de «patrouilleurs scolaires» pour gibier ne suffit pas à faire diminuer significativement les risques d’accidents. Une prise de conscience de la part des conducteurs et une conduite moins rapide sur les tronçons les plus fréquentés par les grands animaux sauvages, tels que les
chevreuils, les cerfs ou encore les sangliers, restent indispensables.

Chantal Guyon/sabine rindlisbacher