
16 sites pour boursicoter: les frais «oubliés» du boursicotage en ligne
Passer ses ordres boursiers sur le net, c’est pratique, mais pas gratuit. Pour les mêmes transactions, les frais peuvent varier du simple au quadruple.
Aujourd’hui, plus besoin d’être Crésus pour faire joujou avec son bas de laine. Et, surtout, plus besoin de faire appel à son banquier pour passer ses ordres et faire fructifier ses investissements. Grâce au trading en ligne, on peut gérer ses fonds soi-même, d’un simple clic, tout confortablement installé dans son canapé.
Mais, avant de foncer tête baissée, les néophytes seraient bien avisés de comparer les tarifs pratiqués. En effet, les ordres ont beau être passés directement par l’investisseur depuis son ordinateur, ils n’en sont pas pour autant gratuits. Par conséquent, les frais de courtage ainsi que les droits de garde ne doivent pas être négligés, sous peine de grever le rendement final.
Combien ça coûte?
Nous avons comparé les frais de seize portails financiers (voir tableau). CornèrTrader n’y figure pas, car CornèrBank, l’établissement auquel le site appartient, n’a pas jugé utile de participer. Il prétend pourtant avoir «les commissions les plus faibles de Suisse selon moneyland.ch». Pourquoi alors refuser de le confirmer?
Pour comparer équitablement, nous avons retenu le profil d’un investisseur privé qui réalise quelques transactions seulement par année. Il ouvre un dépôt pour un montant de 30000 fr., puis achète deux positions du SMI pour un total 20000 fr. ainsi qu’une obligation à 10000 fr. Durant l’année, il vend ses deux positions et en rachète simultanément deux autres, si bien que le montant du dépôt reste inchangé pour la période considérée. En revanche, il ne touche pas à son obligation. Finalement, il vend le tout et clôture son compte.
Les chiffres indiqués dans notre tableau se fondent sur la réponse des banques au scénario que nous leur avons soumis. Ils correspondent donc aux opérations que nous avons retenues et ne constituent pas une recommandation d’investissement.
Du simple au quadruple!
Bonne nouvelle: l’ouverture du dépôt est gratuite partout. Idem pour les frais de clôture annuels, excepté sur le portail financier de VermögensZentrum (VZ), où ils coûtent 40 fr. Credit Suisse n’en prélève pas non plus, mais applique des frais de conseil d’un montant de 81 fr.
Les réjouissances seront toutefois de courte durée pour notre investisseur. Il devra,
en effet, mettre la main au portemonnaie pour tout achat et toute vente effectués en ligne. Or, les différences sont pour le moins stupéfiantes, puisque, pour le même nombre de transactions réalisées (10 au total), il lui
en coûtera entre 220 fr.
sur le site de la banque en ligne Strateo, et 1040 fr. dans les Banques Cantonale du Valais et de Berne.
Soit 4,7 fois plus! Moralité: les revirements trop fréquents rapporteront plus d’argent à la banque qu’à l’investisseur.
Frais de courtage et droits de garde
Et ce n’est pas tout. Il faut encore s’acquitter des droits de garde, soit les montants facturés pour couvrir les frais de gestion du dépôt, qui varient entre 32.40 fr. et 162 fr. selon les établissements. Enfin, si notre homme est client de Trade-Direct, VZ, de la BCGE ou de la BCF, il sera encore ponctionné au moment de fermer le dépôt.
Au final, l’addition peut donc être salée. Tous frais confondus, Strateo reste le plus avantageux, avec un montant total de 264.80 fr. Il en coûtera 346.80 fr. sur Trade-Direct et 350 fr. à PostFinance, qui est aussi le seul à ne pas prélever de droits de garde. La BCGE et Swissquote se classent respectivement quatrième et cinquième. Et, avec un coût total de quelque 1169 fr., la BCVS arrive en queue de peloton.
Mais attention: les frais proprement dits ne sont pas le seul paramètre à prendre en compte. Les amateurs de boursicotage en ligne seront aussi attentifs à la qualité et à l’ergonomie des outils financiers à leur disposition ainsi qu’à la disponibilité du support technique en cas de pépin. Et, au moment de faire le grand saut, ils appliqueront quelques règles de prudence (lire encadré).
Rectificatif ultérieur à la publication de l'article: en lisant notre édition papier, la Banque cantonale valaisanne s'est aperçue qu'elle nous avait transmis des chiffres erronés. Nous les avons donc corrigés dans le tableau comparatif, mais n'avons pas repris le texte original.
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Maîtriser ses placements
Investir en Bourse comprend forcément des risques. Quelques conseils pour éviter les erreurs les plus courantes.
- Définir son profil d’investisseur et les risques qu’on est prêt à assumer.
- Ne pas miser de l’argent dont on pourrait avoir besoin à court terme.
- Partager son portefeuille en différents genres de placements.
- N’acheter que des produits dont on maîtrise parfaitement le fonctionnement.
- Ne pas multiplier les opérations sous peine de grever le rendement.
- Dans tous les cas, il faut être prêt à encaisser les fluctuations de cours parfois extrêmes, et donc à voir son bas de laine jouer aux montagnes russe.

