
égalité salariale: les deux bouts de la lorgnette
En 2012, les hommes gagnaient toujours davantage que leurs collègues féminines à tâche égale, et ce, 35 ans après l’inscription du principe d’égalité dans la Constitution fédérale. Degré de formation et ancienneté expliquent partiellement la différence, mais les experts ne parviennent toujours pas à justifier un écart de 8,7% entre les salaires, ce qui représente 678 fr. par mois.
L’appel à la bonne volonté des employeurs n’ayant pas eu l’effet escompté, le Conseil fédéral a concocté un projet de loi visant à leur mettre la pression. S’il est accepté, toutes les entreprises de plus de 50 employés devront vérifier, tous les quatre ans, que les femmes ne sont pas discriminées sur leur feuille de salaire. Libre aux patrons de décider comment, à condition que la méthode soit fiable, les contrôles devant porter sur la forme et non sur le fond. L’expérience montre, en effet, que, une fois les inégalités détectées, la moitié des employeurs les corrigent d’eux-mêmes. Une variante de la loi veut, en outre, mettre les patrons récalcitrants sur une liste noire, sans toutefois les sanctionner.
Pour les milieux patronaux, la démarche est injustifiée pour la simple raison que, selon un sondage réalisé par leurs soins, trois entreprises sur quatre n’ont pas attendu le diktat bernois pour mettre l’égalité en pratique.
«Le sexe n’a pas d’importance sur le montant du salaire», relève
Sophie Paschoud, rédacteur (sic!) du mensuel Patrons. Les différences de rémunération sont dues à des critères objectifs (profil pointu, expérience professionnelle, flexibilité, etc.).
De l’autre côté de la lorgnette, l’Union syndicale suisse (USS) regrette que l’égalité ne soit toujours pas réalisée et salue un projet allant dans la bonne direction. L’Etat devrait, toutefois, faire de véritables contrôles et punir les mauvais élèves.
Quant au Conseil fédéral, il n’a pas lancé le projet sans arrière-idée. Le ministre Alain Berset a rappelé, récemment, que le projet de révision «Prévoyance 2020» s’appuie, en effet, sur l’égalité effective dans le monde du travail. Si celle-ci n’est pas réalisée, il sera difficile de justifier la suppression de la rente de veuve et l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes.
Chr


