
14 baumes à lèvres: des sticks qui laissent bouche bée
baumes à lèvres Seuls quatre produits ont décroché l’appréciation maximale. Dans l’ensemble, trop de substances problématiques ont été décelées.
On les trouve au rayon cosmétique. Les baumes à lèvres devraient pourtant se mêler aux denrées alimentaires. Car, à chaque utilisation, on en absorbe une partie. «On en mange, carrément!» lâche Christian Surber qui connaît bien le sujet. Professeur à la Clinique de dermatologie de l’Hôpital universitaire de Bâle, il estime que celles et ceux qui en utilisent quotidiennement en avalent l’équivalent de quatre sticks chaque année! Aussi, nous avons mandaté un laboratoire pour qu’il traque les substances indésirables dans quatorze articles. Les experts ont principalement recherché les parfums allergènes et les filtres UV critiques, tout en déterminant la proportion de graisses artificielles, comme les huiles minérales et les silicones (lire «Les critères du test»).
Déclaration lacunaire
Au final, c’est le Qualité & Prix Wel! Luxury Lips qui franchit la ligne d’arrivée en tête, à égalité de points avec le Lavera. Ils peuvent se vanter de contenir très peu de graisses artificielles et aucun additif problématique pour la santé. L’Ombia et le Naturaline sont également «très bon», bien qu’ils renferment, chacun, un parfum faiblement allergène.
A l’autre bout du classement, le Carmex est composé d’hydrocarbures aromatiques d’huile minérale (MOAH) ainsi que de filtres UV critiques. En plus, l’emballage ne fait nullement mention de la présence d’oxybenzone qui a des effets néfastes sur les hormones et les cellules. Or, ce composé chimique avait une concentration supérieure à 5%, alors qu’il doit être déclaré dès qu’il dépasse les 0,5%! Le fabricant va rapidement revoir son étiquetage.
La marque I am n’a pas brillé non plus. Son Lip Care renferme des huiles minérales que même la Fédération européenne des industries cosmétiques recommande de ne pas utiliser! Selon Migros, la formule du produit est en cours de modification.
Des polluants en sus
Il faut dire que les huiles minérales sont très appréciées par l’industrie cosmétique. Elles sont bon marché, se conservent bien et ne provoquent pas d’allergie. Mais on estime qu’elles posent des problèmes en se déposant dans le foie et la rate. Dans le Bebe Young Care – élaboré par Johnson & Johnson – et Le Petit Marseillais, elles représentaient plus de la moitié de la composition des baumes. Mais les fabricants contestent leurs effets négatifs et mettent en avant leur bon comportement sur la peau.
Dans tous les cas, ces huiles devraient être exemptes de polluants. Ce qui n’était pas le cas du Labello et du Carmex. Ces deux produits renfermaient des MOAH potentiellement cancérigènes et mutagènes. Mais, pour les fabricants, il n’y aurait aucun danger pour la santé!
Les filtres UV sont, eux aussi, controversés, alors qu’ils ne sont pas souvent nécessaires dans de tels produits. «Pendant les mois d’hiver, une telle protection contre le soleil sur les lèvres peut se justifier lors d’une randonnée à skis ou d’une balade sur un glacier», soutient la toxicologue de l’environnement, Margret Schlumpf.
Parmi les filtres UV les plus contestés, le méthoxycinnamate d’éthylhexyle, la benzophénone-3 et l’octocrylène ont été décelés – seuls ou combinés – dans les sticks de Neutrogena, Blistex, Bebe Young Care,
I am et Carmex. L’Ombia renfermait un filtre UV jugé moins problématique. Tous les autres baumes en étaient exempts.
Alexandra Uster / yng
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