
A pied dans les villes romandes
La marche est, bien souvent, le moyen de transport le plus adapté à l’échelle de nos centres urbains. Aménagements, promotion, événements: que font nos villes pour les piétons?
Mode de déplacement doux par excellence, la marche à pied revient à la mode en milieu urbain. Mais la politique des villes romandes permet-elle de se déplacer de manière sûre et efficace? Pour Jenny Leuba, cheffe de projet pour l’Association Mobilité piétonne, «elles ont beaucoup progressé, mais il manque encore des structures avec des responsables en charge du déplacement des piétons, des objectifs concrets et l’allocation de budgets permettant de prendre des mesures supplémentaires». Selon l’association, Lausanne décroche la palme de la cité la plus favorable aux piétons, devant Sion et Genève. Survol des principaux points forts des chefs-lieux des cantons romands.
Lausanne revendique la création de la première zone piétonne de Suisse, avec la fermeture à la circulation de la rue de Bourg et de la place Saint-François en 1962. Autres atouts: la création, en 1996, d’un poste de délégué aux piétons, qui reçoit les demandes et les doléances des usagers (Ecrire au délégué aux piétons), et la commande d’une étude pour créer un réseau cohérant de bancs publics (Etude bancs publics lausannois). A l’instar de Genève, la capitale vaudoise édite un plan (Plan piéton) sur lequel figurent les temps de marche pour relier les quartiers entre eux. Enfin, son site internet accorde une large place à la mobilité piétonne (Mobilité piétonne sur le site de la ville de Lausanne).
Le visage de Sion a radicalement changé entre 2003 et 2010, avec la transformation de la quasi-totalité du centre-ville en zone piétonne. Ces travaux lui ont valu de nombreux prix d’aménagement urbain, notamment celui de «Rue de l’Avenir» en 2014. Les photos «avant-après» publiées sur le site internet de l’association (Sion «avant-après») témoignent de cette réussite. Sur celui de la ville, en revanche, les informations consacrées à la mobilité piétonne sont peu nombreuses.
Pionnière dans les années 1990, Genève s’est quelque peu endormie sur ses lauriers, selon l’Association Mobilité piétonne. Elle est la première à avoir conçu un plan pour promouvoir les déplacements à pied, qui permet de calculer les temps de marche et démontre que de nombreux quartiers (Rive, Plainpalais, Jonction, Servette ou encore Nations) ne sont qu’à un gros quart d’heure de la gare (Plan piéton). En outre, un plan directeur des chemins pour piétons est en cours d’élaboration dans chacune des communes du canton. Objectif: sécuriser les itinéraires et assurer leur continuité en supprimant les obstacles (clôtures, barrières) qui empêchent la circulation à travers les quartiers, afin d’offrir des variantes aux parcours le long des grands axes routiers (exemple du Grand-Saconnex). Quant au site internet de la ville, s’il n’offre que peu de contenu dans sa section «Piétons», on trouve un intéressant récapitulatif des aménagements urbains réalisés ces dix dernières années en fouillant du côté de la rubrique «Réalisations» (Réalisation de la ville de Genève en faveur des piétons).
Dans les quatre autres chefs-lieux romands, la promotion de la mobilité urbaine semble la plus active à Bienne (Mobilité piétonne sur le site de la ville de Bienne), qui présente, notamment, la piétonisation réussie de sa place de la Gare en vidéo. Delémont envisage une mesure du même genre lors de l’aménagement de sa nouvelle gare routière à proximité de la gare CFF. A Neuchâtel, la page consacrée à la mobilité à pied présente plusieurs balades à travers la cité, mais sans mettre l’accent sur les déplacements au quotidien. A Fribourg enfin, les internautes qui surfent sur le site de la ville n’ont pas grand-chose à se mettre sous la semelle. La rubrique «Zones piétonnes» renvoie même aux critères d’octroi d’une autorisation de circuler… pour les automobiles!
Une mine d’infos sur internet
Pour se renseigner sur la mobilité piétonne, on trouvera une mine d’informations sur les sites des associations de défense des piétons rue-avenir.ch et mobilitepietonne.ch: études, schémas, guides et manuels de planification pour l’établissement d’un réseau de cheminements et autres récapitulatifs de la législation, destinés tant aux particuliers qu’aux responsables communaux. Elles remettent chaque année un prix qui récompense la commune ayant réalisé les aménagements piétonniers les plus significatifs Rue de l’Avenir, Mobilité piétonne sur le site de la ville de Lausanne.
Le site urban-training.ch transforme, quant à lui, la ville en salle de fitness géante, en organisant des cours de sport gratuits à l’extérieur, qui profitent des aménagements urbains.
Quant aux parents soucieux de laisser leur enfant parcourir seul le chemin de l’école, ils peuvent se rassurer en l’envoyant à l’arrêt de «Pédibus» le plus proche, où il fera le trajet en compagnie d’autres enfants et d’un accompagnant adulte (pedibus.ch).


