
Les télécabines urbaines en pleine ascension
On les a longtemps réduites au transport des skieurs sur les cimes enneigées, mais, depuis une dizaine d’années, les télécabines s’affirment dans les villes pour relier des quartiers périphériques au centre-ville. C’est la mégapole colombienne de Medellín (photo) qui a incontestablement joué les locomotives en installant son premier métrocâble en 2004.
Depuis, de nombreuses villes l’ont imitées: Hong Kong, Lisbonne, Londres, Grenoble, Barcelone et on en passe. Mais le téléphérique le plus impressionnant est celui de la capitale bolivienne, La Paz, doté de trois lignes totalisant 440 cabines pour près de 11 km de câble! Si ces installations titillent inévitablement la curiosité des touristes, ce n’est pas leur vocation première. Il s’agit bien d’un moyen de transport destiné à désengorger le trafic routier.
Projets suisses
En Suisse, le concept fait aussi des émules. Morges a lancé une étude pour une liaison par métrocâble entre le futur quartier «En Molliau», à Tolochenaz, et la gare morgienne. Les conclusions seront dévoilées ce printemps. A Fribourg, un postulat a été déposé au Grand Conseil pour l’étude d’un téléphérique qui relierait la gare de Fribourg, l’Hôpital cantonal et une nouvelle zone située à proximité de l’autoroute A12. Enfin, Lausanne se penche sur un projet qui connecterait le quartier du Vallon au plateau du CHUV, et Sion envisage une liaison vers la station de Veysonnaz.
Atouts nombreux
Sans être exhaustive, cette liste montre à quel point le métrocâble suscite un intérêt évident dans notre pays. Sa grande force, c’est de se jouer des obstacles naturels (rivière, colline, etc.) avec une facilité déconcertante. Son déplacement dans les airs contribue aussi à désengorger le trafic et à limiter l’empreinte au sol. Sur le plan financier, c’est une solution qui coûterait, selon ses partisans, environ deux fois moins cher qu’un tram et cinq fois moins qu’un métro. Son bilan écologique serait très positif, lui aussi.
Les inconvénients ne sont pas nombreux, mais pourraient suffire à faire échouer certains projets. On pense à l’impact de l’infrastructure (pylônes, etc.) sur le paysage et aux oppositions de riverains qui ne souhaitent pas voir des cabines survoler leur habitation.
YNG


