
Achat sur plan: les bons réflexes
En achetant un appartement en PPE sur plan, on choisit un bien qui n’existe pas encore. Plusieurs experts nous livrent les précautions à prendre pour éviter les mauvaises surprises.
«Ne vous faites pas avoir par un promoteur qui vous presse de verser un acompte de 20 000 fr. sur son compte, faute de quoi le futur logement sera réservé le soir même à un autre», recommande Jacques Ansermet, responsable juridique à la Chambre vaudoise immobilière. Lorsqu’on souhaite acquérir un appartement en PPE sur plan, il est vivement conseillé de ne pas se précipiter et d’étudier soigneusement le dossier (lire encadré).
«Pour commencer, l’acheteur doit savoir à qui il a affaire», estime Yann Sunier, directeur de la Chambre immobilière neuchâteloise. L’entrepreneur est-il digne de confiance et compétent? Renseignez-vous à son sujet, étudiez ses références et visitez quelques-unes de ses constructions. Discuter avec de précédents acheteurs permet également de savoir si tout s’est bien déroulé.
Demander l’avis d’un pro
Parallèlement, il convient d’étudier minutieusement les documents de présentation du projet. Mais certains contenus, comme les plans et les descriptifs s’apparentent parfois à du charabia pour le néophyte. «Il peut donc valoir le coup de consulter un professionnel de la construction, comme un architecte ou un maître d’état, afin d’obtenir un avis éclairé», estime Pierre Philippe Courvoisier, notaire et délégué de l’Association des notaires vaudois. La qualité du plan, par exemple, est essentielle: «Il n’est pas rare, en effet, de voir des appartements conçus sans soin, par exemple avec des pièces trop petites dans lesquelles les emplacements des fenêtres et les proportions de l’espace ne permettent pas un ameublement raisonnable», soulignent les spécialistes en immobilier d’UBS. Pour ces derniers, une pièce suffisamment grande possède une superficie minimale de 12 m2. Attention toutefois: des changements mineurs peuvent avoir lieu, car ces documents ne sont pas contraignants. Seuls le contrat devant notaire et le descriptif intégré le seront.
Un cadre idyllique… ou pas
L’acheteur se rendra aussi sur l’emplacement du futur chantier avant de signer quoi que ce soit. «Il y a parfois des surprises. La publicité peut faire croire que l’immeuble est entouré d’un immense jardin, alors qu’il se trouvera face à une route bruyante», prévient Jacques Ansermet. Un petit tour sur place permet aussi d’imaginer où se situeront les meilleurs appartements, en fonction de la luminosité et du bruit, notamment.
Et, bien évidemment, il y a lieu d’évaluer la cherté du bien. «Une des solutions consiste à vérifier que le coût par m2 correspond bien à celui du marché dans la région», suggère Philippe Tanner, président de l’Association des notaires vaudois. S’il est plus élevé, on demandera des explications au promoteur. Selon Pierre Philippe Courvoisier, «la qualité de la construction et l’environnement immédiat peuvent justifier des tarifs supérieurs».
Descriptif essentiel
Avant de signer l’acte authentique, Richard Rodriguez, président de la Chambre des notaires de Genève, recommande de porter une grande attention au descriptif technique «qui doit être le plus détaillé possible et faire partie intégrante du contrat». Ici aussi, soumettre les documents à un professionnel de l’immobilier est une bonne stratégie. N’hésitez pas à poser vos questions sur le contrat au notaire, qui a l’obligation professionnelle de vous informer.
Une fois l’acte de vente signé, Philippe Tanner conseille d’aller jeter un œil au chantier une ou deux fois par mois pour s’assurer que tout se passe bien. Si ce n’est pas le cas, il faut avertir le responsable par courrier recommandé.


