
De l’eau chaude à bon compte
Les chauffe-eau électriques sont dépassés. Les modèles thermodynamiques, dotés d’une pompe à chaleur, sont plus écologiques et économiques.
L’électricité a deux visages. On la considère comme un ange salvateur quand on évoque la mobilité (vélos, voitures, etc.) et comme un démon dans le secteur de l’habitat. Cette curieuse ambivalence va toucher de nombreux propriétaires qui pourraient être légalement contraints, d’ici à une bonne dizaine d’années, de se séparer de leur chauffage électrique. Dans cette logique, les chauffe-eau électriques devraient, eux aussi, être progressivement interdits.
Le solaire distancé
Celle et ceux qui sont amenés à remplacer un tel boiler ont donc intérêt à bien faire leurs calculs. En optant pour un modèle traditionnel, ils prennent le risque de ne plus être aux normes d’ici à quelques années. Corollaire: ils pourraient être ultérieurement obligés de se débarrasser d’un dispositif en parfait état pour des raisons légales. C’est donc un choix très discutable, d’autant qu’il n’est pas même attractif sur le plan économique.
L’option la plus pertinente, c’est le chauffe-eau thermodynamique. En bref, le ballon est couplé à une pompe à chaleur (PAC) air/eau qui exploite la température de l’air pour produire de l’eau chaude. Son efficacité énergétique est proche d’un dispositif solaire, mais son coût est deux fois moins élevé. On comprend dès lors pourquoi il suscite un intérêt grandissant.
Amortissement rapide
Son prix peut toutefois être un frein à l’achat si on le compare à un boiler standard. Pour avoir un ordre d’idées, il faut débourser environ 3500 fr. pour un modèle de 200 litres contre 1500 fr. pour un système électrique. Ce surcoût de 2000 fr. peut néanmoins être adouci par des subventions accordées dans certains cantons*.
Même sans ces aides financières, le retour sur investissement est toutefois rapide grâce à une consommation d’électricité nettement plus basse. Avec un ballon de 200 litres, elle chute ainsi de 4500 kWh à 1500 kWh par an grâce à la PAC. En tablant sur un prix du kWh à 15 ct., l’économie se monte à 450 fr. par an (voir tableau). Par conséquent, le surcoût du thermodynamique (2000 fr.) est épongé après 4,4 ans d’utilisation seulement.
L’efficience est variable
Un tel chauffe-eau ne s’achète pas les yeux fermés pour autant. Primo, il faut savoir qu’il existe plusieurs configurations possibles (lire encadré). Secundo, le coefficient de performance (COP) – rapport entre l’énergie produite et l’énergie consommée – n’est pas le même d’un modèle à l’autre. Il est donc conseillé d’opter pour un produit qui affiche un COP moyen supérieur à 3. Car ce coefficient affiché n’est pas toujours réaliste et
jamais stable: plus il fait froid, plus il diminue et implique l’intervention de l’appoint électrique pour chauffer l’eau. Dans les régions plus froides, il n’est du reste pas inutile d’opter pour un dispositif dont la PAC est opérationnelle jusqu’à des températures négatives (–7°C).


