Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /home/bonasavo/bonasavoir.ch/include/article_detail_test.inc.php on line 20

43 comptes 3A liés à des fonds de placement : fonds 3a: gare aux chiffres trop alléchants

Dans une récente campagne de publicité, Credit Suisse annonce un rendement de 5,28% pour ses produits de prévoyance liés à des fonds de placement. Des chiffres quelque peu optimistes…

Les clients de Credit Suisse au bénéfice d’un compte 3a peuvent placer leur avoir dans un fonds d’investissement et accéder, ainsi, au marché boursier: c’est ce qu’on appelle la «prévoyance-titres». Sur des affiches et des encarts publicitaires placardés à l’automne 2015, le CS table sur un rendement de 5,28%, tout en précisant – en petits caractères – qu’il ne s’agit que de la performance de l’un de ses produits. Or, selon nos informations, il s’agit des chiffres correspondant au Fonds Mixta-LPP Maxi, qui a subi une perte de valeur de 1,76% entre janvier et septembre 2015! Toutefois, à la suite du rebond boursier d’octobre, il affiche au 31.10.2015 un rendement positif de 1,98% (voir point 1 du tableau).

Le taux de 5,28% n’est, certes, pas mensonger, mais habilement choisi pour que le rendement paraisse aussi séduisant que possible. Il a, en effet, été calculé sur l’intervalle entre septembre 2012 et septembre 2015, trois excellentes années pour la Bourse. Or, il aurait suffit de placer les curseurs entre janvier 2007 et octobre 2015 pour le faire chuter à 1,77% (voir point 2 du tableau), puisque les marchés ont plongé en 2008. Et ce n’est pas un hasard si Credit Suisse a choisi de se baser sur la performance du LPP Maxi: il s’agit de son fonds dans lequel la part en actions est la plus grande (45%), un avantage certain en période haussière. En optant pour un produit moins exposé – par exemple le Mixta-LPP Défensif (voir point 3 du tableau), avec 25% d’actions –, la banque n’aurait pu annoncer qu’un rendement de 3,74% sur ce même intervalle, pourtant très favorable.

Le pire peut aussi venir

Par ailleurs, contrairement à ce que promet la publicité (voir reproduction ci-dessus), le meilleur n’est pas nécessairement à venir. L’évolution du fonds dépend, en effet, d’une grande variété de facteurs, les marchés boursiers pouvant plonger à tout moment. Exemple? Du 1er janvier au 31 décembre 2008, le Fonds Mixta-LPP Maxi a perdu 19% de sa valeur. 

Ce qui est un peu plus sûr, c’est que l’investisseur qui a un horizon de placement de huit à dix ans au moins peut envisager plus sereinement l’épargne-titres. Le rendement moyen des fonds qui existent depuis 1995 ou 2003 le montre (deux dernières colonnes du tableau). Pourtant, d’après une enquête de la Banque CIC, seulement 24% des personnes optant pour une prévoyance 3a misent sur les produits liés à des fonds, les autres se contentant d’un compte classique, et donc d’un taux d’intérêt actuellement très faible (lire «L’intérêt des comptes 3a», TCF 8/2015). En théorie, les fonds dotés d’un important pourcentage d’actions apportent alors, à long terme, des rendements plus élevés – mais aussi davantage de fluctuations.

La plupart des fonds présentés dans le tableau ci-contre ont une part en actions de 50% au plus, car la loi ne permet un pourcentage plus élevé que sous certaines conditions. Raiffeisen a profité de cette possibilité pour lancer le produit Pension Growth il y a trois ans, avec un taux d’actions de 67%, qui a perdu, sur les 10 premiers mois de 2015, 1,8% de sa valeur (voir point 4 du tableau). Et même 4,6% à fin décembre. Conclusion, une nouvelle fois: un rendement positif est loin d’être assuré.

Fonds indiciels meilleurs à long terme

Les fonds de prévoyance ont généralement des coûts de fonctionnement plus élevés que les autres, exprimés par leur «Total expense ratio» (TER (voir point 5 du tableau)). En outre, certains établissements facturent à leurs clients des frais uniques d’achat et de vente des parts de fonds, et/ou des commissions d’émission ou de rachat. Logiquement, les fonds gérés passivement (fonds indiciels) ont des coûts d’exploitation inférieurs; or, sur le long terme, ils semblent s’en sortir mieux que les autres…

Voir les résultats
Lire l'article