
De l’argent pour lancer sa petite entreprise
Les travailleurs en quête d’indépendance ne pourront plus retirer leur 2e pilier à cet effet. Quelles sont les autres sources de financement pour créer son propre business?
«L’avoir de la prévoyance vieillesse doit servir à assurer la retraite, pas à autre chose.» Alain Berset a annoncé la couleur à la fin de novembre dernier: il ne sera bientôt plus possible, pour les personnes se lançant en indépendant, de retirer leur 2e pilier. Motif invoqué: le risque de voir les économies disparaître en cas de faillite. Mais cette source financière était un apport bienvenu dans un pays où créer son entreprise n’est pas une mince affaire. Imaginons, dès lors, une personne qui souhaite quitter son travail et ouvrir un petit commerce dans une ville romande. Quels seront les autres fonds à sa disposition?
Ce sont les banques qui viennent premièrement à l’esprit. Tout Compte Fait en a sondé quelques-unes. «Un entrepreneur qui recherche un crédit pour financer la création de son entreprise peut, sans autre, s’adresser au département des PME, déclare, par exemple, la Banque Cantonale Vaudoise. Si son besoin de financement se situe entre 20 000 fr. et 100 000 fr., il peut même faire sa demande directement sur notre site internet.»
L’institution accorde, en moyenne, 20 millions de francs chaque année à cet effet. Son homologue fribourgeois annonce même avoir accordé 85 millions en 2015 pour la création d’entreprises. Un chiffre que n’est pas en mesure de donner Raiffeisen, qui déclare toutefois un volume total actuel de crédits pour les entreprises atteignant 35 milliards.
Emprunts variables
Les sommes prêtées varient selon plusieurs critères. Pour la BCF, s’il n’y a pas de montant maximum, l’ampleur du crédit dépend de certains facteurs, tels que les fonds propres, le chiffre d’affaires ou le flux de trésorerie. «Les conditions d’intérêt et d’amortissement sont fixées de cas en cas», ajoute ladite banque. Elles sont liées notamment à la qualité du débiteur et aux garanties qu’il propose.
Pour Raifffeisen, tout dépend du business plan. Chaque demande de crédit est ainsi jugée individuellement, et les conditions diffèrent d’un projet à l’autre. Enfin, l’analyse de la BCV porte sur neuf critères, dont les fonds propres, l’endettement, le budget, la tenue des charges, les expériences ou encore les compétences du demandeur. Tous doivent être remplis. Dans le cas contraire, le dossier fait l’objet d’une analyse plus approfondie.
Pour mettre toutes les chances de son côté, il est possible de faire appel à des coopératives de cautionnement. Qui se portent garantes auprès des banques pour le financement de PME. Cautionnement romand, par exemple, se destine aux projets basés dans les cantons de Fribourg, Genève, Neuchâtel, du Valais et de Vaud. Quant à SAFFA, elle «facilite l’accès au crédit pour les entreprises de femmes».
Sources diverses
Mais un petit entrepreneur aurait tort de se limiter aux banques pour sa recherche de fonds. La Fondation Microcrédit solidaire Suisse (MSS) a précisément pour mission d’aider des personnes «souhaitant créer ou développer leur petite entreprise et n’ayant pas accès au crédit bancaire». Dans ses critères d’éligibilité, elle ne demande pas forcément un potentiel de croissance, mais, plus simplement, un projet «réalisable et viable en Suisse».
Autre source à la mode: le «crowdfunding», soit le financement collaboratif. Des plateformes internet offrent la possibilité de présenter des projets, les internautes pouvant alors financer par des parts variables ceux qu’ils désirent soutenir. Il en existe plusieurs, notamment kickstarter.com, wemakeit.ch ou indiegogo.com (lire également notre article «Bâtir un projet grâce au net», TCF 8/2013).
Les caisses de pension cherchent parfois aussi ce genre d’investissements. Renaissance PME sert ainsi d’intermédiaire aux institutions de prévoyance qui désirent «investir directement dans des sociétés suisses non cotées ayant un fort potentiel de croissance». Enfin, pour être complet, mentionnons encore comme fonds potentiels: les prix à l’entrepreneuriat (lausanneregion.ch/perl, Venture, etc.), les sociétés financières spécialisées dans le capital-risque (Swiss Private Equity & Corporate Finance Association) ainsi que les soutiens institutionnels.


