
7 comptes d’épargne boostée: l’épargne peut rapporter davantage que des cacahuètes
10 ct. pour un placement de 10 000 fr. durant un an: voilà le rendement de l’épargne que proposent trois banques suisses, actuellement. Il y a, toutefois, moyen de faire cent fois mieux, non sans restriction.
Que faire, à court terme, d’une somme d’argent avant sa consommation (achat d’une maison, transfert à un proche, début de la retraite, etc.) ou un autre placement (par exemple, dans des obligations de la Confédération lorsqu’elles auront retrouvé des couleurs)? Pas grand-chose avec l’épargne classique*, qui rapporte aujourd’hui entre 0,01% et 0,1% dans les grandes banques, un peu plus parmi les outsiders (Wir, CE Riviera, CA Financement). Et guère plus avec les bons de caisse*, qui offrent un rendement de 0,375% (CEDC Cossonay), au mieux, lorsque l’argent est bloqué durant trois ans, mais rien du tout, au pire, comme à UBS, Credit Suisse ou la BCGE!
La seule alternative vraiment sans risque consiste à passer par quelques comptes où l’épargne est bloquée durant un certain temps (parfois partiellement) ou rémunérée différemment sur la durée. Nous avons cherché pour vous les meilleures offres du genre en Suisse et comparé le rendement d’un placement de 120 000 fr. durant trois ans (voir tableau).
1er: CA Financement
La première place de notre sélection revient clairement au compte Evolution de CA Financement, sans pour autant aller plus haut qu’un rendement de 1%, ce qui représente un gain de 3600 fr. seulement en trois ans. Et encore, pour autant que le taux de référence ne diminue pas et avant déduction de l’impôt (lire encadré)!
- L’argent est bloqué pendant 24 mois au moins. Il est ensuite possible de retirer 100 000 fr. par an, avec un préavis de six mois.
- La première tranche du placement (10 000 fr.) est rémunérée à raison du taux de référence (actuellement 0,75%, mais susceptible d’adaptation), la 2e (10 001 à 50000 fr.) à 0,9%, la 3e (50 001 à 100 000 fr.) à 1,05% et la dernière (100 001 à 1mio) à 1,2%.
- A noter que l’intérêt est annoncé pour 12 mois de 30 jours, mais, comme une année a (au moins) 365 jours, CA Financement en tient compte, ce qui augmente encore un peu le rendement (1216.70 fr. par an).
2e: SL Frutigen
La deuxième place est occupée par la petite Banque bernoise de Frutigen, qui propose un rendement de 0,61% avec, comme seule condition, un préavis de 12 mois avant chaque retrait (ce qui revient de facto à un blocage minimal de l’argent durant la même période). Pour notre placement, le gain est de 2196 fr. durant trois ans.
3e: La banque CIC et CE Riviera
Médaille de bronze pour la Banque CIC, qui propose un taux de 0,4% en limitant les retraits à 25 000 fr. par an, plus (ou le tout) avec un préavis de six mois. Gain après trois ans: 1440 fr
Et les suivants
Juste à côté du podium, la CEDC de Cossonay permet, dans notre cas précis, un rendement global de 0,323%, en combinant un taux de 0,25% pour les 50 000 premiers francs, puis de 0,375% au-delà. Retrait possible de 10 000 fr. par semestre, plus avec six mois de préavis. A noter qu’on fera mieux avec ses bons de caisse (0,375%), sans risque de voir le rendement encore tomber, mais en sachant que l’argent est bloqué durant trois ans.
Plus loin encore, la Caisse d’épargne Riviera, avec un taux de 0,3%, et une limite des retraits de 10 000 fr. par semestre, plus (ou le tout) avec un préavis de six mois. Gain après trois ans: 1080 fr. Cela dit, les sexagénaires ont tout intérêt à opter pour le compte épargne sénior qui fait presque aussi bien (0,275%) avec retrait possible de 10 000 fr. aussi, mais chaque mois.
Viennent ensuite les comptes des banques Wir et Coop, assez complexes avec un système de rémunération différencié selon qu’il s’agit d’argent frais ou déposé depuis plus d’un an pour, finalement, ne rapporter que 0,244%, respectivement 0,233% annuellement.
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Un rien encore diminué
Depuis 2010, la Confédération renonce à demander un impôt anticipé sur les comptes d’épargne avec un rendement inférieur à 200 fr., pour autant que les intérêts ne soient crédités qu’une fois par an (ce qui est généralement le cas). Un geste qui ne concerne de toute façon pas notre exemple, puisque le rendement est de 240 fr. au moins).
L’impôt anticipé consiste, en effet, à retenir 35% du rendement, que les banques versent directement au fisc. Pour en récupérer une partie, le contribuable doit l’annoncer comme revenu dans sa déclaration, ce qui est bien sûr le but du jeu. Si son taux marginal est de 25%, il pourra donc récupérer 10% du montant, qui sera déduit de sa note fiscale.
Donc, avant 2010, la banque retenait 35 fr. sur un rendement de 100 fr. Le contribuable annonçait le revenu en soulignant qu’il avait déjà payé un impôt anticipé, et, toujours avec le même exemple, le fisc lui restituait 10 fr. Coût de l’opération: 25 fr. Aujourd’hui, ce même contribuable annonce un rendement de 200 fr. net d’impôt, et il va donc être taxé à son taux marginal de 25%. Coût de l’opération: 25 fr. aussi!
Sauf si son canton l’autorise à déduire le rendement de l’épargne, ce qui est le cas presque partout en Suisse romande.
Problème toutefois: cette déduction – plafonnée entre 1700 fr. et 3400 fr. selon les cantons – est associée à celle autorisée pour l’assurance maladie. Or, les primes sont aujourd’hui si élevées qu’elles couvrent, à elles toutes seules, le montant disponible. Autrement dit: l’épargne est rarement déductible, sauf dans le canton de Genève, particulièrement généreux.

