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Générosité mal récompensée

litige Pour avoir interverti deux bulletins de versement, une lectrice se retrouve avec une perte de près de 2000 fr. Car l’association bénéficiaire de cet argent tombé du ciel refuse de la rembourser.

Une bête erreur d’inattention, et voilà l’équivalent d’un loyer qui s’envole. Depuis près de quatre ans, une lectrice de Cheseaux-sur-Lausanne (VD) tente de récupérer 1910 fr. versés par erreur sur le compte d’une association de défense des animaux. En vain, jusqu’ici.

argent jamais revenu

Sa mésaventure remonte au mois de mars 2012. Elle glisse dans sa paperasse un bulletin de versement reçu par l’Association contre les usines d’animaux (Acusa) avec l’intention de faire un don de quelques dizaines de francs. Mais, à l’heure de faire ses paiements, elle intervertit deux bulletins et verse 1910 fr. à Acusa en pensant régler son loyer. Elle ne s’en rend compte qu’un an plus tard lorsque son propriétaire finira par remarquer qu’elle accuse un retard d’un mois dans le règlement de son dû. «J’ai contacté l’association pour expliquer mon erreur, en joignant les copies des bulletins des loyers précédents et suivants», raconte notre lectrice. Qui attestent de sa bonne foi: difficile de croire à un don volontaire dont la valeur, bien spécifique (1910 fr.), correspond exactement au montant de son loyer. Mais Acusa fait le mort, même après un deuxième courrier recommandé. Il faut attendre l’automne de 2014 pour que l’association se signale enfin, en faisant opposition totale au commandement de payer finalement déposé par notre lectrice. La situation est bloquée depuis, car, dans pareil cas, obtenir un remboursement n’est pas aisé (lire encadré). Approché par nos soins, le président d’Acusa n’a pas répondu aux questions que nous lui avons adressées par courrier. Son association, établie dans le canton de Thurgovie, est pourtant loin d’être inactive depuis 2012, puisqu’elle distribue chaque année une brochure en tous-ménages. On retrouve d’ailleurs quelques éditions sur son site internet, mais pas toutes: en automne dernier, le Tribunal fédéral a exigé le retrait de celles qui portaient atteintes à la personnalité de plusieurs individus.

Vincent Cherpillod