
Viens, on va faire du skicoptère!
Rallier Vevey et Leysin en sept minutes pas plus, et en hélicoptère s’il vous plaît! C’est maintenant possible grâce à Air-Glaciers. La compagnie valaisanne, connue surtout pour ses activités consacrées au sauvetage héliporté, propose, depuis peu, un vol taxi à destination de la station pour 169 fr. l’aller-simple, forfait journalier de ski et location du matériel inclus. Compter 317 fr. pour ne pas devoir rentrer à pied.
A condition d’allonger encore quelques billets supplémentaires, on pourra aussi s’envoler de la Riviera jusqu’à Glacier 3000 pour 577 fr. aller-retour.
A défaut d’être accessible pour le quidam comme on a bien voulu nous le faire croire, ce mode de transport est assurément scandaleux. Sous prétexte d’éviter les bouchons, on s’autorise à monter à bord d’un hélicoptère pour aller faire quelques descentes dans une station qui affiche fièrement «Oxygène des Alpes» pour slogan!
A l’heure de tous ces débats sur le réchauffement climatique, on emprunte un moyen de transport écologiquement contestable, qui consomme entre 150 et 220 litres de kérosène par heure pour respirer le bon air des montagnes. La France a interdit l’héliski en 1985 déjà. C’est également le cas en Autriche, en Allemagne et au Liechtenstein. Alors pourquoi n’en va-t-il pas de même en Suisse?
On ne parle pas non plus de la pollution sonore engendrée par ces appareils. Selon l’organisation internationale de protection des Alpes, Mountain Wilderness, c’est en effet la nuisance environnementale la plus importante d’Europe après la pollution de l’air.
Quand l’enneigement des montagnes ne sera plus qu’un lointain souvenir et que nous nous rendrons en voiture pour profiter des sommets sans manteau blanc et observer des animaux totalement sourds et apeurés, nous vous maudirons, satanés hélicoptères!
Chantal Guyon

