
Rachat du 2e pilier malgré un rendement de 1,25%
Malgré la baisse du taux de rémunération, dès l’an prochain, le rachat de cotisations de la prévoyance professionnelle reste une opération rentable, pour les quinquas et plus surtout.
Il existe au moins trois raisons de se demander s’il vaut la peine, aujourd’hui, de racheter des cotisations de son 2e pilier.
- La fin de l’année est toute proche et, comme ce genre de rachat est entièrement déductible des impôts, c’est une opération évidemment intéressante pour diminuer sa facture fiscale.
- Le dossier de la prévoyance est en plein chambardement du côté de Berne, et on ne sait pas à quelle sauce nous allons finalement être mangés (lire «La réforme de la retraite va coûter cher» TCF 11/2015). Une chose est sûre, en revanche: nos rentes vont diminuer et il est donc utile de voir comment les consolider ou tout au moins, les compléter.
- La cotisation minimale imposée par le Conseil fédéral va certes atteindre son taux le plus bas depuis 1985 (1,25% dès l’an prochain), mais les placements sans risque font moins bien encore, puisque les obligations à long terme de la Confédération n’offrent actuellement aucun rendement et que les meilleurs bons de caisse, pour une durée résiduelle de huit ans, concèdent un petit 0,7%.
Prenons un exemple. Luc Martin, divorcé et sans enfant à charge, domicilié à Lausanne, aura 55 ans l’an prochain. Son salaire actuel est de 7100 fr. (payé 13 fois). Son taux de cotisations au 2e pilier sera de 18% dès 2016, moitié pour lui, moitié pour son employeur. Et le taux de rémunération de son capital correspond au minimum LPP fixé par le Conseil fédéral, soit 1,25%, ce qui n’est évidemment pas grand-chose.
Il possède aujourd’hui un capital de prévoyance vieillesse de 222 000 fr. (voir tableau, point 1) et il peut racheter des cotisations pour l’équivalent de 30 000 fr. 2. Grâce à cela, il fera une économie fiscale, en 2016, de 8930 fr. 3 et l’investissement réel est donc de 21 070 fr. 4.
A l’heure de la retraite, à 65 ans, Luc Martin, disposera d’un capital de 404 777 fr. sans rachat et de 438 913 fr. avec rachat 5, sachant que la rémunération a été maintenue avec pessimisme à 1,25% dix ans durant. Toutefois, si, en 2026, Luc Martin souhaite retirer son capital pour gérer lui-même le financement de sa retraite plutôt que de toucher une rente à vie, il va devoir payer un impôt unique de 42 840 fr. sans rachat et de 47 451 fr. avec rachat 6. Le capital net après impôts de chaque solution est donc de 361 937 fr. dans le premier cas et de 391 462 fr. dans le deuxième 7.
La différence entre ces deux capitaux, soit 29 525 fr. 8 correspond au gain final obtenu grâce au rachat. Mais, nous avons vu que, grâce à la déduction fiscale dont Luc Martin va profiter, l’investissement réel est de 21 070 fr. Du coup, l’opération a rapporté un rendement de 3,4% net d’impôts, ce qui n’est évidemment pas terrible, mais bien davantage qu’un placement dans les meilleures obligations de caisse, dont on a vu qu’elles rendaient actuellement un petit 0,7%.
Donc, a priori, si vous en avez la possibilité, le rachat de cotisations n’est plus une aussi bonne affaire qu’à l’époque où le taux de rémunération minimal était de 4%, mais cela reste une opération rentable et sûre.
Christian Chevrolet


