
Des prêts hypothécaires certifiés LPP
Si l’utilisation du 2e pilier pour financer l’achat ou la construction d’une maison est limitée depuis 2012, l’argent de la prévoyance professionnelle risque tout de même de servir toujours plus l’accès à la propriété. D’où vient un tel paradoxe? Les taux d’intérêt étant ce qu’ils sont, les caisses de pension cherchent d’autres solutions d’investissement et disent vouloir intensifier l’octroi de crédits hypothécaires, selon une étude de la ZHAW School of Management and Law (SML) de Zurich, parue à la mi-novembre.
Car on a tendance à l’oublier: les banques et les assurances ne sont pas les seules à pouvoir proposer des hypothèques. Certaines institutions publiques s’y sont donc mises depuis quelque temps déjà, comme la caisse des CFF, celles du canton de Zurich (BKV) ou de l’Etat de Vaud. Elles sont, en effet, suffisamment importantes pour disposer de l’infrastructure nécessaire à une telle gestion.
Habituellement, seuls les assurés ont droit aux crédits de leur caisse. Mais, là également, les choses changent. La BKV zurichoise, l’une des plus grandes du pays, a décidé, cet été, d’ouvrir ses prêts hypothécaires aux personnes non affiliées, et même en dehors du canton! Et elle n’est pas la seule: en Suisse romande, la Caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG) dit octroyer des prêts hypothécaires «à ses membres, aux institutions affiliées, à des collectivités publiques, voire à d’autres personnes morales». Ainsi, dans son bilan 2014, on remarque qu’elle a prêté 90 millions de francs sous forme d’hypothèques à ses membres et près de 20 millions à des tiers.
Retraites Populaires, qui gèrent les caisses de pension des fonctionnaires vaudois, sont aussi de plus en plus actives dans le domaine. Leurs prêts hypothécaires et leurs crédits de construction se sont montés à 491 millions en 2014, soit 35 millions de plus que l’année précédente.
LD


