
Libor, encore?
Trouver un équilibre entre coûts et certitudes pour financer son bien immobilier est parfois ardu. Si les hypothèques Libor sont, certes, peu arrangeantes pour établir un budget, elles ont, en revanche, systématiquement été moins coûteuses que les hypothèques fixes depuis 1991 pour des tranches de dix ans.
Prenons l’exemple d’un propriétaire ayant conclu une hypothèque Libor à trois mois de 500 000 fr. entre 1995 et 2005. Les intérêts lui ont coûté 134 000 fr., soit deux fois moins qu’avec un engagement fixe de deux fois cinq ans (voir tableau).
Si la différence entre ces deux modèles reste aujourd’hui importante (45 800 fr. de 2005 à 2015), elle s’est, cependant, réduite durant ces dernières années. Est-il, dès lors, envisageable que, dans un avenir proche, les emprunts à taux fixe deviennent plus attractifs? Actuellement, cela ne semble pas être le cas. Une hypothèque fixe à 10 ans coûte, actuellement, environ 1,9%, contre 1% pour un modèle Libor. Il faudrait donc que les taux grimpent de façon linéaire durant 10 ans jusqu’à un taux de 2,8% pour que les coûts soient identiques à un emprunt fixe sur 10 ans.
«En fait, explique Florence Berthoud, spécialiste patrimoniale à VZ VermögensZentrum, le seul argument en faveur des hypothèques à taux fixe, c’est le risque de rater un changement de tendance soudain au niveau des taux. Mais ce scénario semble plutôt improbable.» La Fed pourrait, certes, augmenter ses taux directeurs à la mi-décembre, provoquant un mouvement de contagion en Europe, puis en Suisse. Mais il sera de moindre mesure, du moins dans un premier temps.
Si l’on ne souhaite pas prendre de risque, une alternative souvent conseillée est le modèle combiné. «L’emprunteur place entre un quart et un tiers au maximum de son hypothèque en taux fixe, et finance le solde avec des hypothèques Libor», suggère la spécialiste de VZ.
Et, pour se tenir au courant de l’évolution des taux, il consultera régulièrement le tableau comparatif actualisé chaque jour ouvrable sur toutcomptefait.ch.
BU


