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Pugnace jusqu’à l’EMS

télésurveillance Une dame récemment entrée dans une maison de retraite doit payer plus de 3000 fr. à une société de sécurité pour résilier son contrat. L’entreprise refuse de faire un geste commercial.

En février 2013, Verena Krähenbühl est démarchée par AMB Sécurité, société romande de sécurité, et souscrit à un service de télésurveillance pour une durée de cinq ans. Fin 2014, moins d’une année et demi plus tard, elle se voit malheureusement contrainte d’entrer dans une EMS. Comme elle n’est plus apte à gérer ses affaires, la Lausannoise de 76 ans est placée sous la curatelle de Nicole Weissbrodt.

En février 2015, cette dernière contacte AMB Sécurité pour expliquer la situation et demander la résiliation de l’abonnement. Par retour du courrier, la société annonce qu’une rupture du contrat l’amènerait à réclamer la somme de 3863.70 fr. Montant qui inclut 80% du solde des mensualités restantes, les frais de démonte et de dossier ainsi qu’une pénalité de 346 fr.

Silence radio

Au mois de mai, sachant que le placement dans un EMS de sa pupille est alors définitif, Nicole Weissbrodt récrit à l’entreprise de télésurveillance pour demander la résiliation. Elle joint à la lettre un certificat médical prouvant que Verena Krähenbühl ne pourra plus retourner à son domicile, étant donné qu’elle n’est plus apte à vivre en toute autonomie. Par téléphone, les protagonistes conviennent du démontage du matériel, lequel sera réalisé peu de temps après.

Comme la curatrice n’obtient pas de réponse à sa demande de résiliation, elle se dit que l’affaire est réglée. C’est compter sans la pugnacité d’AMB Sécurité qui envoie un nouveau courrier pour réclamer quatre mois de retard de paiement. Priée de bien vouloir accepter la résiliation, l’entreprise campe sur ses positions en exigeant 3546.55 fr., dont 828.75 fr. de frais de pénalité!

Malgré l’insistance de notre rédaction, la société AMB Sécurité a refusé de répondre à nos questions. Sous prétexte que le dossier est en cours de traitement et qu’elle informera directement par écrit la cliente de sa position. A ce jour, et après deux nouveaux mois d’attente, la curatrice de Verena Krähenbühl n’a toujours pas reçu de nouvelles et se retrouve dans une situation rocambolesque: elle a tout intérêt à payer des mensualités durant plus de deux ans pour un système de télésurveillance qui a été désinstallé, dans un logement qui n’est même plus habité par sa pupille…

Aussi légal que choquant

Si l’attitude de la société de sécurité peut indigner, la pratique n’en reste pas moins légale. Car l’entreprise s’appuie sur les conditions contractuelles qu’elle a définies et que sa cliente a signées. Raison pour laquelle il est essentiel d’être attentif à certains points avant d’apposer sa signature sur un tel contrat (lire encadré).

Certes, le changement radical de situation de Verena Krähenbühl et la durée particulièrement longue de l’abonnement (cinq ans) pourraient être amenées devant un juge. Mais il s’agit de procédures souvent longues, onéreuses, en sans garantie de résultat. Pour Sarah Monnard, juriste au Service des assurances sociales et de l’hébergement du canton de Vaud, le cas de notre lectrice n’est pas unique: «Notre service a eu connaissance de problèmes similaires que des personnes ont rencontré avec des sociétés de sécurité au moment d’entrer dans un EMS.»

Il est évident que tous les prestataires de services n’ont pas de tels agissements: «Pour d’autres abonnements, tels que la téléphonie ou les fournisseurs d’électricité, les entreprises sont souvent bien plus compréhensives et enclines à résilier le contrat, en particulier lorsqu’une personne quitte définitivement son logement pour s’installer dans un EMS», ajoute Sarah Monnard. Constat corroboré par Nicole Weissbrodt qui se réjouit d’avoir pu s’arranger avec des prestataires tous aussi bienveillants les uns que les autres. Sauf un.

Bernard Utz