
Des cadeaux cher payés
La valeur des prestations contenues dans les coffrets cadeaux est, bien souvent, nettement inférieure à leur prix de vente.
Moins impersonnels que l’argent liquide, plus originaux que les bons d’achat, assez diversifiés pour contenter presque tous les goûts: les coffrets cadeaux font souvent figure de présent idéal. Mais, en offrant une «nuit de rêve» ou un «séjour d’exception» à un proche, lui fait-on réellement un beau cadeau? demande un lecteur de la Riviera vaudoise, de retour d’un week-end dans une station valaisanne. S’il n’avait pas été l’heureux titulaire d’une Wonderbox «Gourmet & Relax Week-End», son séjour avec le repas du soir lui aurait coûté 246 fr. Or, en se promenant dans les rayons d’un magasin, il tombe sur le même coffret et relève son prix avec surprise: 299.90 fr.! Exception et mauvaise pioche?
Pour le savoir, Tout Compte Fait a comparé des coffrets cadeaux proposant une prestation hôtelière (une nuitée et un petit-déjeuner pour deux) d’une valeur comprise entre 199 fr. et 249 fr., vendus par quatre des principaux acteurs du marché. Pour chacun d’entre eux, nous avons calculé la valeur réelle des prestations de trois offres, à chaque fois la 5e, la 15e et la 25e du livret (Smartbox, Wonderbox) ou du site internet (mydays, Oh!Box). Le meilleur prix proposé au consommateur a, ensuite, été relevé soit sur le site de l’hôtel, soit sur les plateformes de réservation les plus courantes, en respectant le genre de chambre indiqué. Lorsque le tarif changeait en fonction de la date, nous avons consigné le prix minimal et le prix maximal.
115 fr. de trop
Bilan: dans les deux tiers des cas, le séjour coûte moins que le prix du coffret (voir tableau). La différence dépasse même 100 fr. dans trois cas, lorsque des dates bon marché sont choisies. Dans deux cas seulement, on peut réaliser une économie de 30 fr. Dans deux autres, enfin, la «box» n’est rentable qu’aux dates les plus chères. Mais attention: si l’hôtel est déjà bien rempli, il y a de fortes chances qu’il refuse l’utilisation de l’offre à ce moment-là!
Les entreprises qui vendent ces produits se défendent en arguant qu’elles se fondent sur le prix officiel des chambres pour calculer la valeur des offres ou sur leur prix moyen entre basse et haute saison. Mais, en pratique, le prix réel obtenu en réservant une chambre en ligne – que ce soit sur le site internet de l’hôtel ou en passant par une plateforme de réservation – est presque toujours inférieur au prix officiel annoncé, et ce à pratiquement toutes les dates.
Wonderbox note aussi qu’«il arrive fréquemment que les partenaires augmentent leurs prix». Les coffrets, valables trois ans, deviendraient donc plus intéressants en fin de validité. Curieusement, Smartbox avance l’explication inverse et justifie la différence de valeur que nous avons observée par la déflation qui survient, parfois, sur les prix du marché après le lancement du coffret... Mydays et Wonderbox, enfin, comptent sur les «petits plus» offerts par les partenaires (coupe de champagne, décoration dans la chambre) pour compenser les différences de prix observées. Ces bonus ne concernent, toutefois, que 3 des 12 offres que nous avons sélectionnées.
Qui compare vraiment?
Comme le concède la responsable marketing de Wonderbox, «ces produits intègrent des prestations qui peuvent être supérieures ou inférieures à la valeur des boîtes». Il faut donc comparer les offres pour en trouver une qui soit vraiment avantageuse.
Mais ceux qui reçoivent ces coffrets se livrent-ils vraiment à l’exercice? Après tout, le grand avantage de la formule est d’offrir au destinataire la liberté de choisir l’offre qui lui plaît, sans se soucier du prix. Et ça, pour les entreprises qui vendent les boîtes, c’est cadeau!
Vincent Cherpillod


