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12 traducteurs en ligne : traducteurs en folie

Aucun des programmes gratuits disponibles sur le Net ne traduit correctement de l’allemand en français.

C’est vrai, la langue de Goethe n’est pas simple. Et celle de Molière non plus. Est-ce pour cela que les traducteurs en ligne se cassent les dents lorsqu’il s’agit de passer de l’allemand au français? Ce qui est sûr, c’est que, dans les programmes que nous avons testés, le «meilleur» est médiocre et le moins bon carrément nul (voir tableau)!
Pour mesurer les capacités linguistiques de douze logiciels proposés gratuitement sur internet, nous leur avons demandé de traduire sept phrases tirées de sites ou de magazines bilingues, auxquelles nous avons ajouté trois constructions de notre cru, contenant, notamment, des expressions idiomatiques comme «Ich habe die Nase voll» («J’en ai marre» en français)*. Pas simple, mais pas hors de portée non plus!
Les résultats sont minables. Le meilleur traducteur, celui du géant Google, ne reçoit que 2.8/5, autrement dit un niveau médiocre, même si – le plus souvent – le sens y est et peut donc aider quelqu’un qui possède des bases suffisantes. En revanche, au bas du tableau, le logiciel d’InterTran est une foutaise qui ne peut intéresser que les services secrets!

Des pièges

Seul Reverso, deuxième du classement, a surmonté la difficulté du «Nase voll». La première traduction est certes «J’ai complètement le nez», mais on trouve «J’en ai marre» dans le complément «Exemples en contexte» automatiquement proposé. Pour Google, c’est «Je ai eu assez» et pour InterTran «J’ai ce flair ample»!

Autre piège moins flagrant: «Der Sohn von Bach» (sujet d’une phrase complète) est traduit quatre fois sur douze par «Le fils du ruisseau» plutôt que «Le fils de Bach», le célèbre compositeur allemand. A l’inverse, dans la phrase «Dieser arme Schlucker hat einen kleinen Mann im Ohr» (Ce pauvre bougre a une araignée au plafond), quatre traducteurs considèrent «Schlucker» comme un nom de famille. Et aucun n’a découvert l’idiomatisme, le pompon revenant – une fois de plus – à InterTran, qui propose «ce indigent avaler a on de qualité inférieure du sexe masculin dans oreille».

Pas plus de 120 signes

Moins mystérieux mais plus long, nous avons demandé des traductions relativement simples variant entre 100 et 500 signes. Seule difficulté majeure: les noms de villes suisses. Biel n’a jamais été traduit, Genf toujours… Mais c’est là un détail par rapport à la qualité générale du travail, franchement catastrophique dès que le texte dépasse 120 signes!

Exemple de l’extrait de l’hebdomadaire bilingue Biel-Bienne:

  • «Zurzeit lese ich vor dem Schlafengehen “Heiterkeit kennt keine Grenzen” von Erich Kästner – ein herrliches Buch, das humoristische Texte und Bilder aus der ganzen Welt versammelt!»
  • Traduction du journaliste: «Mon livre de chevet actuel est “Le rire n’a pas de limites” de l’écrivain allemand Erich Kästner. Un livre magnifique, plein de textes drôles et rempli d’images du monde entier!»
  • La meilleure que nous ayons obtenu: «Actuellement je lis avant de se Coucher “Sérénité ne connaît pas de Frontières” de Erich Kästner – un petit Livre humoristique des Textes et des Images du Monde entier, réunis!» (Pons).
  • Et la plus drôle: «Je lis en ce moment “hilarité ne connaît pas de limites avant d’aller la coucher” d’Erich Kästner - un livre magnifique, cela textes et images humouristiques du monde entier rassemble!» (Linguatec).

Exercice de rattrapage

Drôle, mais peu utile… Et si, en guise de rattrapage, on demandait des phrases complètement basiques (sans les inclure dans l’estimation globale)?

  • «Was kostet das bitte» («Combien cela coûte-t-il s’il vous plaît») est traduit deux fois sans erreur (Linguatec et Cengoglio), Google suivant juste derrière avec «Qu’est-ce que cela me coûte?» et d’autres faisant encore des propositions très correctes, par exemple «Que coûte cela s’il vous plaît» (Pons). Mais on trouve aussi des «Ce qui coûte le demande?» (SDL) ou «Ce que coûts ce plaire là?» (InterTran)…
  • Plus basique encore: «Wo sind die Toiletten bitte?» («Où sont les toilettes svp?»).

Cinq traducteurs seulement jouent la traduction dans le bon ordre! Les autres varient entre «Où les toilettes sont s’il vous plaît» et «Où sont-elles, s’ils vous plaît, les toilettes». Et Babylon arrive à traduire «Où sont les toilettes demande?» alors que l’inénarrable InterTran propose: «Où est ce cabinet plaire à ?»

Christian Chevrolet

*Bonus web: méthodologie et résultats complets (120 traductions).

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