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Meilleur prix garanti… sous conditions

Plusieurs cartes de crédit offrent la possibilité de récupérer l’argent payé en trop en cas d’achat dans un magasin plus cher qu’un autre. La proposition est alléchante, mais les contraintes nombreuses.

Vous avez acheté une nouvelle télévision et vu, deux jours plus tard, la même, ailleurs, à un prix plus avantageux? Si vous avez payé votre achat avec votre carte de crédit, la différence de prix est remboursée. Telle est la promesse faite par Viseca sur son site internet. Peu connue, cette assurance concerne pourtant un grand nombre de personnes, car Viseca est l’émetteur des cartes MasterCard et Visa des banques cantonales, Coop, Migros et Raiffeisen. UBS la propose aussi à sa clientèle, mais seulement pour les cartes des catégories «or» et «platinum».

Evidemment, cette garantie du meilleur prix est soumise à de nombreuses exceptions. Une analyse approfondie des conditions générales est donc nécessaire avant d’espérer revoir la couleur de l’argent dépensé en trop….

  • La couverture maximale est fixée à 2000 fr. par an (1000 fr. pour les cartes de crédit à prépaiement), quel que soit le nombre de cas. En outre, la différence doit être supérieure à 30 fr. pour que l’assurance se mette en marche.
  • L’objet moins cher doit être découvert dans les 14 jours qui suivent la date d’achat. Il faut alors remplir un formulaire de déclaration de sinistre et l’accompagner d’une quittance d’achat ainsi que d’un document attestant du prix de l’offre comparative meilleur marché.
  • Les deux objets doivent être rigoureusement identiques (même modèle, même couleur, même taille, mêmes accessoires, etc.). Ainsi, un costume de grande taille bradé sur un site internet ne pourra pas être comparé au même costume acheté dans une autre taille. Même exigence pour les prestations: si, par exemple, un magasin offre gratuitement le montage à domicile d’un objet, le même vendu ailleurs sans montage ne pourra pas servir de comparaison.
  • Si les objets vendus en promotion entrent en ligne de compte, ce n’est pas le cas de ceux qui résultent d’une vente de liquidation.
  • Les objets comparés doivent être vendus dans des commerces suisses ou proposés à la vente en Suisse. En clair, selon le porte-parole de UBS, il faut que «l’entreprise soit physiquement enregistrée au Registre suisse du commerce et ait son siège dans le pays. Ou alors, dans le cas d’un site par exemple, qu’il ait une adresse de domaine se terminant par .ch». Et selon Viseca, la société qui gère le site doit également avoir son siège en Suisse.
  • Dernières conditions, et pas des moindres: les téléphones portables, les accessoires médicaux (lunettes comprises), les automobiles, les marchandises d’occasion et les biens immobiliers ne sont pas couverts.

Belles économies possibles

En revanche, aucune disposition n’empêche de comparer une petite échoppe à un hard-discounter ou encore un site de vente en ligne à un magasin traditionnel. A priori donc, une personne qui souhaiterait favoriser les petits commerces de proximité peut acheter son électronique dans un magasin spécialisé du quartier, tout en la payant au prix proposé par un géant de l’électronique en ligne! A condition, bien entendu, d’être sûr de remplir toutes les conditions énoncées ci-dessus avant d’adresser sa demande de remboursement.

On trouve de nombreux comparateurs de prix sur internet. Un tour sur toppreise.ch, par exemple, permet d’envisager de belles économies (lire encadré).

Vincent Cherpillod