
Le malheur est dans le prêt
A force de l’annoncer tous les deux mois sans que cela se fasse, plus personne n’y croit. Rarement, toutefois, l’espoir n’a été aussi fort: la Réserve fédérale américaine pourrait augmenter ses taux d’intérêt avant la fin de l’année, lors de sa prochaine réunion, les 15 et 16 décembre. Un mouvement qui sera alors contagieux et irradiera inévitablement en Europe, puis en Suisse.
Quand nous parlons d’espoir, nous pensons à l’économie en général, mais aussi aux épargnants. En revanche, les propriétaires endettés verront leur «loyer» augmenter. Car, normalement, les taux montent uniformément. En revanche, notre enquête (pages 4 et 5) prouve que l’inverse n’est pas vrai. Alors que certaines banques rémunèrent leurs comptes d’épargne d’un tout petit 0,01% (10 ct. pour un placement de 1000 fr. durant un an), elles demandent jusqu’à 12,5% en cas de découvert sur un compte courant, 13,9% pour un crédit à la consommation et même 15% (le maximum légal) en cas de paiement partiel avec une carte de crédit.
Les baisses? On les attend depuis bientôt huit ans! Et, lorsque nous tentons de demander des explications, silence radio: personne, ou presque, n’a rien à dire. On fait le gros dos et, quand la Fed relancera le mouvement dans l’autre sens, on dira alors que ce n’est plus le moment...
C’est vrai: les risques d’un prêt doivent être couverts. Mais qui pourrait croire que cela exige de multiplier son coût par 150! Le Conseil fédéral ferait donc bien de ne pas se laisser impressionner par les milieux économiques et d’abaisser, comme il le souhaite depuis un an, le taux maximal des prêts à la consommation à 10%.
Christian Chevrolet

