
14 voiture hybrides : voitures hybrides: n’espérez pas faire des économies!
La consommation des voitures hybrides peut faire rêver. Mais leur surcoût est souvent difficile à amortir, voire impossible avec certains modèles.
Il va falloir rouler et rouler encore. Et envisager plusieurs tours de la Terre – 40 000 km l’un – pour rentabiliser le prix d’une technologie qui se veut plus propre que les moteurs à combustion traditionnels. Avec certains modèles, c’est même peine perdue: entre un prix supérieur et une consommation qui dépasse celle d’un bloc diesel, jamais le surcoût de l’hybridation ne peut être couvert.
Ces constats découlent du comparatif de quatorze véhicules hybrides avec leur déclinaison à essence ou diesel. Nous nous sommes focalisés sur les systèmes d’hybridation classiques qui couplent un moteur thermique avec un électrique. Par conséquent, il ne s’agit pas de voitures qu’on peut brancher sur le secteur comme c’est le cas des hybrides rechargeables (plug-in) ou des électriques. A chaque fois, nous avons confronté la variante «verte» avec ses cousines à moteur thermique les plus proches en termes de puissance.
Deux oiseaux rares
Avant de s’attarder sur les exemples peu profitables – qui sont hélas nombreux – soulignons deux modèles qui sortent du lot: la Mercedes Classe S 300 Hybrid et l’Infiniti Q70 Hybrid. Leurs propriétaires sont immédiatement gagnants, puisque leur prix n’est pas majoré et leur consommation est inférieure aux versions traditionnelles.
La Classe S 300 Hybrid est affichée exactement au même tarif que la S 350 diesel. Elle est certes un chouïa moins puissante, mais sa consommation est inférieure de 1,2 l aux 100 km. Quant à l’Infiniti Q70 Hybrid, elle est surprenante avec sa motorisation plus musclée encore (364 ch) que la Q70 à essence (320 ch) pour un appétit sensiblement plus mesuré.
Il s’agit certes de modèles onéreux, mais tous les produits haut de gamme ne peuvent pas en dire autant. On en veut pour preuve le Range Rover qui fait payer son hybridation à prix fort, puisqu’il faut aligner pas moins de 400 000 km pour éponger la différence avec le bloc à essence et même 520 000 km pour concurrencer le diesel. Et, comme les trois moulins développent un nombre de chevaux identique, même la puissance n’explique pas ce fossé.
Le gain est loin à l’horizon
De son côté, la Peugeot 3008 Hybrid4 exige plus de 784 000 km pour rentrer dans ses frais par rapport à la version diesel! Mais, à sa décharge, la lionne de Sochaux a un atout que ses sœurs BlueHDI 150 et THP 165 n’ont pas: elle bénéficie d’une traction intégrale – non permanente – avec son moteur thermique qui entraîne les roues avant et l’électrique son train arrière. De surcroît, elle dispose d’une cavalerie (200 ch) que nulle autre déclinaison ne concurrence.
Financièrement, l’Audi A8 2.0 TFSI Hybrid, la BMW Série 5 ActiveHybrid et la Kia Optima Hybrid sont les pires affaires de notre sélection, puisqu’elles sont plus chères que leur variante diesel et consomment davantage en moyenne. Sur les modèles que nous avons confrontés, la BMW Série 5 et la Kia Optima sont néanmoins plus puissantes en configuration «verte». Argument que l’Audi A8 ne peut pas faire valoir.
Mieux en milieu urbain
A la lumière de ce comparatif, on peut donc s’interroger sur la pertinence de l’hybridation classique sur un plan strictement économique. Car, si l’on excepte les Mercedes Classe S et Infiniti Q70, rares sont les modèles sur lesquels cette technologie peut être rentable à brève échéance.
On peut néanmoins apporter quelques nuances à ce bilan décevant. En effet, nos chiffres s’appuient sur les consommations moyennes en cycle mixte (ville, route et autoroute). Or, on ne le répétera jamais assez, la technologie hybride est particulièrement efficace en milieu urbain, là où la succession d’accélérations et de décélérations rend les moteurs classiques très gloutons.
Ainsi, en supposant qu’un automobiliste n’utilise son véhicule qu’en ville, la donne change. Sur la base des consommations en cycle urbain normalisées, la Ford Mondeo Hybrid, par exemple, deviendrait rentable après 11 293 km seulement par rapport à la version diesel. L’Audi A8 2.0 TFSI Hybrid prendrait l’avantage sur la 3.0 TFSI après 61 303 km déjà et la Peugeot 3008 Hybrid4 serait rentabilisée après 120 380 km face à la THP 165.
Ecobilan mitigé
Oncle Picsou ne risque donc pas de rouler en hybride demain, à moins que son rayon de mobilité se limite exclusivement au milieu urbain. Et, si une thérapie venait à le sensibiliser davantage à l’écologie qu’à la pingrerie, il apprendra que l’écobilan d’une voiture hybride est plombé par l’énergie nécessaire à sa fabrication, à sa démolition et à son recyclage, notamment celles de ses batteries. Selon une étude menée par Low Carbon Vehicle Partnership en 2011, ce n’est, en effet, qu’à partir de 130 000 km que sa plus faible consommation lui permet de compenser les émissions générées par sa production.
Yves-Noël Grin
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