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La musique, une drogue légale pour les athlètes

On dit que la musique adoucit les mœurs, mais elle constitue aussi «une drogue légale pour les athlètes», estime le Dr Costas Karageorghis, de l’Université Brunel, à Londres. Auteur d’une abondante littérature sur le sujet, ce spécialiste affirme qu’en écouter, pendant l’effort, peut augmenter l’endurance de 15%!

On sait que les fitness aiment en diffuser, mais ils ne sont de loin pas les seuls. Gérald Gremion, médecin du sport au CHUV, l’utilisait aussi, par exemple, lorsqu’il donnait des cours de spinning. Motivante, la musique permet d’oublier la monotonie de ce genre d’entraînement. Elle détourne aussi l’attention de la fatigue occasionnée et entraîne le pratiquant dans un rythme, confie le médecin qui choisissait les morceaux en fonction de l’effort voulu. «En général, j’utilisais un tempo de 80 à 100 bpm (battements par minute), l’idée étant qu’un bpm corresponde à un tour de pédale. Mais, pour une simulation de parcours en montagne, je choisissais quelque chose de plus lent, entre 70 et 80 bpm, alors que, avec un contre-la-montre, on montait à 120 bpm».

«Toute la difficulté consiste à trouver la bonne musique, au bon tempo», résume Jean-Marc Gilliéron, maître de sport à l’Université de Lausanne, qui y recourt, lui aussi, dans les exercices liés à la condition physique et la considère comme «un soutien du mouvement». Bonne nouvelle: certaines applications gratuites, comme RockMyRun, proposent carrément des playlists en fonction des BPM désirés.

AU LHC et à Athletissima aussi

Les sportifs de haut niveau écoutent aussi de la musique, mais plutôt dans la phase précédant une compétition. Les joueurs du Lausanne Hockey Club passent ainsi des morceaux très rythmés à plein volume dans les vestiaires une heure avant le match, confie Gérald Gremion. Mais le silence est de mise 15 minutes avant le début de la confrontation, car c’est le moment de se concentrer sur la performance à accomplir. A Athletissima également, de nombreux athlètes s’échauffent avec des écouteurs sur les oreilles.

Bénéfique si elle est bien utilisée, la musique est fortement déconseillée dans d’autres circonstances. C’est le cas, notamment, lorsqu’on fait du vélo en ville, pour des raisons évidentes de sécurité. Enfin, tout est, bien sûr, une affaire de goût personnel. «Contrairement au travail en salle, je n’en écoute pas lorsque je cours dans la nature, explique Jean-Marc Gilliéron, car il y a alors toute une atmosphère de bruits qui est géniale.»

SEB