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Voyager en autocar: moins rapide, mais pas cher

trajets longue distance L’avion et le train sont les premiers moyens de transport en commun auxquels on pense pour se déplacer à l’étranger. Les bus ont, pourtant, des arguments à faire valoir.

Les interminables trajets en bus, les globe-trotters en connaissent la couleur. Et les odeurs. Dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique, c’est un mode de transport très populaire et pas cher. En Suisse, on pense davantage aux vols low-cost, voire au train, pour faire des sauts de puce rapides et économiques. Les bus ont une telle vocation urbaine que, lorsqu’ils s’aventurent sur l’autoroute, on les imagine bondés de touristes du troisième âge en partance pour un voyage organisé.

Tarifs au plus bas

Pourtant, l’offre des autocars longue distance n’est pas si anecdotique qu’il paraît. Elle tend même à se renforcer chez nos voisins: le 3 septembre, la SNCF lançait la société Ouibus avec, comme objectif, l’ouverture de 130 liaisons en 2016 vers 46 villes dont Genève. Ce développement signifie que le bus n’a pas peur de se mesurer au train, à l’avion ou à la voiture. Car, comme le montre l’enquête menée avec nos confrères de l’émission On en parle (RTS-La Première), il a des arguments à faire valoir.

Son principal atout, c’est un tarif très attractif (voir tableau). Dans notre comparatif, c’est le moyen de transport le moins cher dans cinq des six scénarios que nous avons élaborés (lire encadré). Seul l’aller-retour Sion-Munich était plus avantageux par le rail grâce à un ticket CFF fortement dégriffé qui ramenait le prix normal de 335 fr. à 82 fr.!

Dans nos autres recherches, l’autocar était sans concurrence tarifaire. Le train est jusqu’à 172% plus cher (Genève-Prague) et l’avion jusqu’à 176% plus onéreux (Delémont-Milan). La voiture, carrément ruineuse (+460%) pour une escapade de Lausanne à Barcelone, ne tient jamais la comparaison quand on se déplace seul à bord. Mais, contrairement aux autres moyens de transport, son coût peut être partagé par son nombre d’occupants. Pour peu qu’on voyage à quatre, l’automobile devient financièrement très attractive.

Il ne faut pas être pressé

C’est à l’épreuve du chronomètre que le bus marque le pas. Il n’y a que le choix de l’avion pour Delémont-Milan – qui implique un déplacement en train de Delémont jusqu’à l’aéroport de Bâle – qui soit moins rapide. Mais, dans tous les autres cas, l’autocar est plus lent que ses concurrents.

Logiquement, c’est par rapport à l’avion qu’il est le plus lourdement distancé. Même en tenant compte du trajet en train (Lausanne-Genève) jusqu’à l’aéroport et du temps perdu à l’embarquement, le vol aller-retour Lausanne-Barcelone est pratiquement quatre fois plus rapide qu’en autocar. Idem pour le voyage Genève-Prague. En revanche, les écarts peuvent être serrés avec le train: pour le même Genève-Prague, le bus ne prend respectivement que 10% de temps de plus que le rail pour couvrir
l’aller-retour.

L’atout bagages

Il serait réducteur de résumer les avantages de l’autocar à son prix et ses inconvénients à sa vitesse. D’autres éléments peuvent faire la différence comme la quantité et le poids des bagages qu’on peut embarquer. A ce jeu-là, la voiture et le train, qui n’ont pas de limitation particulière, ont une longueur d’avance. Mais, par rapport aux vols low-cost qui ne comprennent souvent qu’un petit sac en cabine (8 kg), les bus ont une tolérance qui peut grimper jusqu’à 40 kg.

Soulignons encore que, pour les personnes qui ont une mobilité difficile – ou de lourds bagages –, l’autocar offre un confort indéniable. Il n’implique pas de changements aussi fréquents que le rail, ni de fastidieuse traversée d’aéroport…

Yves-Noël Grin

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